3.2 M2 : " ASSUME, MARIN " ! ...
3.2 m2 ! Tempête " Diana " _ Île de Corse / Makena destination ... Toutes les images sont signées " Emmila " !
( ... ) " Comme on jouit alors de la vie au milieu de la solitude et du silence ! C'est une flamme toute droite et pure qui monte vers le ciel. Il paraît aussi miraculeux d'exister que de voir s'avancer l'équilibriste sur le fil de fer. " ( ... )
( ... ) " Être poète c'est aspirer moins haut car c'est prendre conscience de notre fragilité comme de notre éternité ; ou plutôt c'est se sentir déchiré entre l'éternité de nos désirs et la fragilité de nos vies ; c'est faire de cette union éphémère un mariage d'amour ... Que de patience pour devenir le lieu de cette révélation, qui semblera aux autres si peu de choses, que nous devrons nous efforcer de faire croire être si peu de chose... Être léger par profondeur, dit Nietzshe. On voit toujours le poète comme une feuille morte qui s'élève au gré du vent ; on ne sait pas que lorsqu'il s'agit vraiment d'un poète, toute la grâce qu'il obtient, il l'a méritée.
Non pas renoncer au monde, mais le transformer... " La poésie fait que les objets familiers cessent d'être familiers... Une nature divine s'insinue dans la nôtre, mais c'est à la façon du vent sur la mer : le calme du matin efface son passage que seules nous révèlent les rides creusées la nuit sur le sable ". Je veux en croire Schelley. je veux le croire. ( ... )
!
Jean GRENIER
Inspirations Méditerranéennes
( La rose sans épine )
Edition / L'Imaginaire _ Gallimard - 2020
Pages : 131 - 132
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UNE TOUT AUTRE FENÊTRE SUR LE CIEL DENSE
A mes horizons Afrika à l'Océan équatorial et son chant
Aux vagues
AU MANA
ALOHA
CRIS
Je me suis souvent posé, assis sur un rocher, face à la mer et aux éléments déchaînés en beautés. Il m'arrive également de marcher de longs moments, tout à l'écoute du choeur des vastités, de la symphonie des couleurs de la Grande Bleue irisée. J'ai regardé ses camaïeux parcourus de moutons innombrables, leurs longues traînes écumeuses.
Le vent violent, ses rafales me déséquilibrent en chemin, tandis que découvre vers écueils et tombants de puissantes lames virides et leurs rouleaux écumants. J'appréhende et crains sitôt et tout autant la sortie que j'espérai la veille. Les conditions de temps me paraissent insurmontables, dangereuses, exposées.
Un doute que je ne connaissais guère au siècle dernier, qui prend de plus en plus souvent corps comme au dépourvu l'ascendant sur le dictamen de ma conscience.
Je ne sais l'expliquer ! mais il me fige alors que le froid m'étreint, livré que je demeure aux basses températures, aux rigueurs d'un vif ressenti. La solitude, un ciel bas, des grains incessants croisent au large. L'horizon n'est plus que nuées denses en fuite, qui s'abattent lourdement. Sombres virgas, échos, larmes du Ciel
!
Il m'est arrivé de gréer mon matériel en éprouvant une motivation à toute épreuve. J'établissai une petite aile qui aura traversé tant d'épisodes de vents violents et qui m'aura ramené sur Terre, sans encombres
!
Mais je l'eue aussi laissée, certaines fois, abritée et solidement arrimée sur le sol, des heures durant, sans sortir, sans franchir le pas décisif de la mise à l'eau ! Je renonçai aux paysages et panoramas marins que la Grande Mer ouvrage et parfait aux pieds des îles sous le vent
!
Considérant mon échappée insensée, au seuil de l'impudence, une sortie plus téméraire que dispensatrice de sensations et de séquences fluides, je regagnai l'oliveraie, le foyer, l'âtre, ce petit bout de terre montueux balayé par les révolins et les fortes bourrasques qui devalaient la chaîne de montagne
Je sais et confie entre ces lignes les affres d'une volition bipolaire, capable de tout affronter comme de s'abriter, figé dans le véhicule, profondément abattu par ce sentiment d'échec que l'inaction intraitable commande et distille insidieusement,
quand d'autres fois, la lumière du jour, les rayons d'un soleil généreux, les bleuités fascinantes de la mer ainsi révélées m'apparaissent telle une invite dont il fût indécent et malvenu de ne point honorer la préciosité de ses lénifiantes alliances.
Si j'évoque ici et encore les aspects d'une navigation dans les vents violents, c'est bien pour en avoir vécu les redoutables épisodes, à la limite d'une " confiance " aléatoire, si fragile, vaguant sur le fil ténu des vagues.
J'allais, planais à l'orée d'une folie partagée, réinventant mes relations et mes rapports aux mondes vrais, écrivant en mer la trame et le narratif de ces courts récits.
Face à de subjuguantes bribes d'éternité, à bord de violentes tempêtes que je fus, ( au-delà de 60 noeuds ), je me suis dit, humblement, en sourdine :
_ " 3.2 m2, Marin, tu assures "
!
Et ce sont ces prédispositions à la fois mentales et corporelles qui prévalurent le plus souvent car, je m'y prépare encore et y crois de concert
!
J'exploite tous les réglages possibles de ce petit gréement adapté au très gros temps. Je me suis déjà exprimé sur le sujet. Un inconditionnel des sorties extrêmes à ne pas négliger.
Je questionne mes dispositions du moment, je m'interroge ; introspection valant check list avant l'envol
!
3.2 m2 suppose que l'on ait observé, analysé, le milieu, ses métamorphoses soudaines et son évolution probables au fil des heures.
Adapter dès lors ses intentions, avant de partir, sachant que l'offre et les opportunités de la grosse mer exigeront, sans ambages.
Une fois rendu à terre, je considère les écarts qui prévalent entre intentions et réponses ; optimiser la prochaine évasion.
J'ajoute que de tels coups de temps m'adressent à la pleine solitude des lieux, des grands espaces. La distance de la côte n'est plus un préalable à l'extême aventure ; s'y faire et surtout, ne pas y voir l'exclusive à la condition à tout refus, quand bien même il serait déraisonnable de s'engager...
C'est une fois sur les flots, dans la mer du vent rapide et creuse, là où les vagues déferlent, que la navigation s'origine, se détermine, se lit et se décrypte.
Une expérience initiatique de laquelle je ne ressors jamais las ou guéri. Un volant de révélations que je mûris durant de longs mois. Allégeance à l'infiniment grand qui s'ouvre à moi, que l'allégorie confère aux Îles, au voyage, à la découverte, à la fidélité inextinguible d'un merveilleux pacte.
Et si parfois, l'égo, le repli sur l'action l'emportent, avec gerbes et panache, loin de la vitrine, le résultat me ramène d'emblée, irrémédiablement à ce qui destine et définit, depuis la nuit des temps, soit l'humilité et une certaine forme d'obéissance vis à vis de la tutelle souveraine, azurée
!
J'ai pourtant peiné à maintenir mon esquif sur les flots en jouant du gréement dans les plus violentes bourrasques afin de recouvrer l'écoulement laminaire du flux que l'aile requiert, sans lequel j'eusse été projeté latéralement, violemment.
Nonobstant, la mer fut si creuse et si rapide qu'elle m'imposât de retirer la main arrière et d'opter pour la fuite, un bord de fuite, guise d'éloge à la tempête qui m'accordait un long sursis
!
Lorsque n'y pouvant plus, je me couchai dans l'eau en tenant fermement la poignée du gréement. J'attendai que passent les tourbillons blancs, les nuées d'embruns qui cinglaient et giflaient au visage
...
Et lorsque j'osai, à la faveur d'une conjonction d'éléments opportuns, un saut nous détachait dans le ciel, comme si je dusse immortaliser une fresque, une marine à nulle autre pareille. Fulgurance de l'oiseau marin rasant Mia Thalassa, l'immensité blanche qui me recevait à nouveau, revenu des ciels tempêtueux ! Epiphanie
...
J'eus aussi très peur, lorsque la véhémence du Maestrale et de la Tramuntana d'hiver, aux hautes vagues se mêlaient, engageaient mon équilibre dynamique. Dévalements fous de pentes hérissées de marches et de pièges dont la chute provoquée m'eussent emporté et remis sans aucun doute à la rudesse des rivages densément pétrés
...
Ainsi de vivre une fenêtre de vol libre avec exaltation, passionnément ! Une dose de chance et de conjonctions favorables pour uniques guides, lancé que je fus à travers ces extrêmes hasardeux, aux portes de l'oubli. Sillages sitôt refermés que la mémoire des monde réfugient, silencient.
Ainsi d'en revenir assagi, ouvert à l'autre pan du monde du silence, à la rumeur, réceptif à la terreur des contrées et des peuples meurtris. L'infinité de moutons pacifiques n'ouvre - t - elle pas le coeur de l'âme, en esprit, pour la paix et la fraternité, la Nature, sur Terre des Hommes
Marin
Agis au rebours de toi
côtoie le rêve
jusqu'au bout de la route
?
3.2 m2 ! Dans le tempo fusionnel de l'onde et d'un fort coup vent établi +++ rafales ! Île de Corse, vers le " Petit Piana " ...
MARIN
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Le 02 Juin 2025
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