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Il est, entre passé et avenir, un espace qui s'étend au bord de l'azur et que les nuages abreuvent, que les flots bercent. Essentiel ! Un temps imaginaire et beau...

 

Je marchais sous un soleil mordant, le ciel tamisé dardait ses rayons comme si nous avions vagué  et musé  au coeur  du mois d'août... Et par  la langueur désertique des dunes, d'un souffle  de brise chaude, livré au cantique des rivages, je me suis penché sur quelques arpents de sable nu.

J'ai ainsi mesuré combien ce que les sens dévoilaient, cachaient aussi  d'immenses richesses, l'univers incommensurable de ce qui est et ne s'explique toujours pas ; l'alchimie du vivant et de la forme, le renouveau, l'harmonie, la vacuité en toute chose où s'engouffre le délire des mots, des pensées, de l'étant au commencement de l'univers, à chaque saison, sans que le temps ne puisse enfanter  d'autres vérités que l'illusion, la poésie éternelle des sens.

 

Vous me direz que tout cela est pompeux, disproportionné, superfétatoire ! une fleur, un arbrisseau, un seul pétale que parcourt l'esprit de l'eau... dérision qui ne mériterait pas que l'on s'y penchât avec tant d'emphase ; certes !

 

Mais en marge du raisonnement, il y a le mystère, cette frange et cette rive que l'on ne saurait franchir quand du néant surgit la beauté, la délicatesse, la subtilité, la rareté, l'éphémère dans le perpétuel recommencement du frisson.

 

Le sable crisse, pulvérulent, arides et suffocants sont les égarements  de l'esprit qui cherche. L'eau a ici  paré l'arc-en-ciel primaire et ses ondes lumineuses et innombrables. Le sel cristallise à deux pas mais la fleur fabule l'irisation des sources dans le dénuement total et la rosée. Son éclosion diverse, insigne, est du théâtre de l'azur et se prend, diaphane, évanescente, vaporeuse, fleurs au bout d'une fleur, à rêver d'infini, à nous emporter au-delà, près de tout, de rien, loin du temps, au commencement, comme une paupière qui s'ouvre sur l'iris de l'univers...

 

1 ère Écriture le 28.05.2012

Repris et Corrigé le 29.05.2012

3 ème Ecriture Juin 1777

 

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