Corsica...Go56

AU CORPS-MORT !...

 

 

 

AERIAL_RIDER_MESFOUFF_ENIGME_A_TIQUE__

 

 

Lentement
imperceptiblement
voilà que tu lâches prise
au coeur des flots
L'intention n'ose  puis  faiblit
Réagis donc

Car tout est là
qui désormais mûrit
en sommeil
pourtant si vrai
vers de nouveaux départs

Le corps à l'ancre
se balançant déjà
sur son corps-mort
Quel triste sort de nous
consumés
qui presse et qui enjoint

De la pente insensée 
l'onde se dresse
avant de chuter
dans le vide
l'espace infiniment
bleu d'une éternité

Chaque jour emporte
son lot de clarté
las  avant que de n'être plus   
L'obscurité
sidère le silence
Soit

Mais     sois      âme à la mer
ne désespère point
au diapason du déclin
du naufrage
Sans lutter
dénie le seuil     fût-il à l'extrême-limite

Que l'imprévu
l'inhabituel    t'obligent
et t'exhortent jusqu'au bout
sans retenues
à l'expression libre
d'une gestuaire unique

Danse
encore et toujours
sur les ciels denses
dont tu aimes à dire
l'ivresse    l'euphorie
l'océanique serment
qui vous lient vers  Oméga 

Immarcescible jeunesse
que l'apparence viendrait  à grimer
le temps d'une ascension
Fruit intègre
rien ne nous altérerait
plût      à jamais
depuis toujours

Je sais la mer
t'être nuit   _    le jour
en toi        enfanter
innombrable  le penser inaltérable
de l'amer en allé

- MARIN - Enigme

 

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ESPACES DUNAIRES REMARQUABLES !...

ZONE_ARRIERE_DUNE_DETRUITE_

La Zone Arrière de la vaste dune n'existe plus. Plus fine, moins épaisse, les vagues la submergent et vont affouiller le socle. La fréquentation  sauvage, non maîtrisée des véhicule aura  pratiquement  tout détruit côté végétaux. La surface de la dune a été passée au peigne des  caterpilars ; il ne reste plus aucune défense naturelles 

Grau, embouchure de grand  torrent de montagne, zone ou rivage  lacustre, cordon littoral, lido, lagune, bancs de sable littoraux,  zone arrière dunaire :

tout cet agencement et édifice naturel rend compte de l'intéraction permanente des éléments constitutifs du littoral et du trait de côte.

Espace  désormais si fragile, laissé à la cupidité, à l'appêtit vorace des  conquistadors de tout poils. On roule encore sans  scrupule, laissant de larges et profondes  saignées dans le sable.

LA_DUNE_ZONE_DE__RODEO_VOITURE_

 

La dune, terrain de jeux pour Rodéo Auto-Moto-4x4 ! Tout y passe, laissant partout de  large cicatrices, jamais refermées, un couvert végétal de plus  en plus précaire...

 

Quant aux engins, ils bouleversent l'équilibre général de ces zones remarquables en déplaçant artificiellement et sans études d'impact  adéquates et  opportunes des quantités colossales de matériaux dont la mer  en furie se moque bien.

Il est aussi vrai, qu'en amont, un barrage  aura radicalement modifié  le cours d'un grand torrent, lui-même rejoint par quatre autre cours d'eau de vallée majeurs.

Autant d'alluvions qui ne parviendront plus à la mer. La dune longue de ses 3 Kms s'amincit, d'année en année. Sa moindre hauteur la rend vulnérable aux grosses vagues des tempêtes d'hiver qui en remontent la pente, affouille le socle terreux et de tuf.

L'eau arase la dune, devenue plate par endroit, vouée à sa disparition.

Quand les élus comprendront  que de tels espaces doivent être non seulement protégés mais également gérés par des collectifs de connaisseurs en la matière, du paysagiste au géologue-hydrologue, en passant par les biologistes ? 

Il y a urgence ! Voir de tels domaines décliner, bardés de traces de pneus, sillonnés par des quads, des tout terrains, des 4X4, sans aucun ménagement, en nombre, de façon permanente,  constitue une enfreinte grave à notre environnement, un environnement de premier choix, une Zone qui devrait être entièrement protégée, accessible, certes, mais sous conditions de précaution, de respect de la biodiversité, de pérennisation de leur beauté  originelle ...

Un écrin, parmi tant d'autres,  en voie de disparition totale. Il reste sûrement quelque chose à entreprendre afin de recouvrer sa splendeur passée.

§ 

Lamentable découpe artificielle de la Dune qui va accroître les effets dévastateurs des vagues, l'amplitude des phénomènes de ressacs, ceux des courants à la sortie du Grau. Des volumes qui s'effondrent, non tenus, agencés selon les besoins de l'été !  Désolation, mort programmée d'un Site grandiose, qui aurait mérité une autre issue. 

LA_DUNE_DETRUITE_

 

 

CORSICA...GO56

VERS UNE SYMPHONIE DES HASARDS...!

 

 

Les_Uns_et_les_Autres

 MERCI

 

 

Qu'il nous emmène      sur les bords de l'âme
au-delà des images
toujours en partance
loin des artifices
animant les sens
jusqu'au bout de la Vie

Quel art dévêt autant la pensée
Toutes les fois
immersion à l'intime
de l'un     de l'autre
plus que la foi
sans distinction

Qu'être éclose
partition du choeur de la foule
L'apothéose couve
à l'unisson d'un sublime boléro
aux fresques symphoniques
naissant sur fonds de voyages
de rencontre vraies  et de diversité

Un tout     à demeure intact
fuse à la vitesse de l'éclair
Précieuse unicité     dignité silencieuse
telles sont les sentinelles
du temple personnel      cet écran 
où prendre enfin    pitié de soi 


L'Homme lit dans les pensées
de nous      revisitées
Il en devance le cours
Rivière sans retour
tantôt paisible     sitôt impétueuse
ou chaque chose      en toute humilité
en leur véracité    paraphe
l'inattendu   l'imprévu      l'inhabituel
Révélation
Rite initiatique
auquel s'abandonne l'interprête
qui donne tout  du soleil

Le Septième art a trouvé un guide
qui n'a plus d'âge et   ne vieillit point
une source claire      une manne
à qui s'ôte des yeux la poutre qui l'aveugle
les boulets que l'on traîne
irrémédiablement perfides

Il est des pans et des scènes
à jamais saisis      indélébiles
qui marquent profondément
l'univers des larmes
la plénitude d'un sourire
celés  en passant 
dans la souvenance commune
de l'émoi et du frisson

Et de n'avoir de cesse
de poser les vraies questions
aux réponses qui rapprochent
parce qu'elles sont inclinations
à l'amour       au désintéressement
Renversantes dénégations
qui ébranlent l'éphémère
la durée percluse de faux - pas
ses faux-jeux
à sens unique       sans issue

D'aucuns     pour toujours
s'en reviennent autrement
étrangement troublé
comme s'ils avaient ouvert
une fenêtre à la lumière intense
d'un jour nouveau       plus proche
de soi        Etonnante perméabilité
que ces fragilités aux délicatesses
de l'existence du message
 retrouvé

Il est et aura été
comme le ruisseau
va à la mer et dévoile
le dessein de l'océan
sur lequel traverser
serein     Pacifique

Un seul nom suffit
rayonne élève et transcende
nos rapports aux mondes
quand ressusciter blottit 
sa  joue     apposée contre le coeur
empli de bonté
d'une promesse de rédemption
battant  à l'unisson
de la symphonie des hasards

Garder l'empreinte
la fulgurance du moment
ces détails d'une vie
furtive      que l'on aurait
depuis      résolument remisés
de raison      désespérément
inimaginable

Et dansent et virevoltent
obstinants et  lancinants
les notes des-accords
oniriques      Ultime transhumance
aux mille visages
du destin
Puissé-je une seule fois
convoler à la semblance d'un heureux hasard

 

!

MARIN - Apha Lyrae - 

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LA MONTAGNE DANS LA MER !...

LA_MONTAGNE_DANS_LA_MER_

 Comme une ode à la terre, à la mer, aux îles  qui voguent déjà  et qui nous emportent partout ! Une montagne dans la mer dont dont eût rapporté qu'elle fût la plus belle ... Certes, la nature en beauté fut, n'est plus, lentement fane et dépérit au diapason d'une évoltion et d'un développement industriel tentaculaire. En rendre compte, avec d'autres mots, les mots de la prose en poésie qui pouraient peut-être faire mouche, alerter, pointer du doigt les fabuleuses compositions  originelles qu'il convient de maintenir, de préserver, d'entourer de soins et de précautions. Oui, nous pouvons encore interagir et inverser la tendance du suicide sociétal, civilisationnel. Les éminemment pilitiques, vouée  doncaux gémonies de la cupidité et  du pouvoir ... En pareilles sphère, l'Ecologie fait piètre figure de représentations de circonstances, destinée à  creuser les écarts de voix aux élections.

Mais sur le terrain des vrais enjeux, des priorités, des choix, des mesures : qui et que trouve-t-on qui change de cap, d'option, de cadence, de traitements des nuisances et des rejets ? Rien ne change, machines toutes vers encore plus de croissance, de dette écologique majeure, de destructions massives

 

 

Profondément bleue
la mer rehausse
un mystère abyssal
que cèle le Levant

Une  île évoque
le voilier dont l'étrave
fend les lames    la comète 
et son sillage lactescent

Une île-planète
survolant les abîmes
le vide translucide
des  ciels palpables

Qui réfugie la vie
égarée       quelque part
à travers le cosmos
qui sait     unique

Écrin
Révélation
Vérité  
des jardins
paradigmatiques

Qu'en aurions-nous fait
Ô  damnations 
Cupidité      Dominance
Conquête       Traite vivaces

Souillent l'harmonie
tant de subtils équilibres
aux noces de la terre
de la mer et du ciel

Saches que ce vaisseau
divinement pourvu
commande aux vertus
d'un dessein universel 

Quand il rompt
aux flots iniques
de la démesure
et du parjure

Le pacte faut
le serment se brise 
l'alliance larmoie
qui ne reviendront jamais plus

 

§

- MARIN - Îles 

 

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GABEGIES PLANÉTAIRES !...

 

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LE LIEN

 

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/05/18/nicolas-hulot-sonne-le-tocsin-sur-la-biodiversite_5301252_1652692.html

 

"  LE TOCSIN  " 

 

Il n'y a  pas d'adversaire. Il n'y a plus d'adversaires ! Mais de l'adversité, de l'obstination perpétuelles à forcer la voie sans issue qui mène contre le mur. Parce qu'il importe  de brandir le chiffre, de garantir  l'épaisseur du profit, les indices boursiers parvenus  au zénith de l'in-con-science.

L'ennemi sera  omniprésent, omnipotent, invaincu, impitoyable. Les processus du déclin frapperont lentement. Les responsables ne seront plus là, qui se seront largement servis en fustigeant d'autres dettes,  à faire valoir sur le dos des esclaves des temps modernes dressés avec le poing des oligarques, les masses laborieuses que les technocrates  qualifient à l'envi de " feignasses "

!

 

Il est évoqué à travers cet Espace Web, depuis des années déjà,  des problématiques et des prospectives qui vont bien au-delà de celles portées par l'actuel Ministre de la Transition Ecologique, de  l'Environnement, du Développement Durable.

Si nous souhaitons à Mr HULOT :  _  " Bonne chance " ! nous avançons de grandes incertitudes quant aux effets d'annonces, aux velléités,  à toutes  les gesticulations  désespérées livrées contre des  moulins à vent.

Il faut savoir que  la Finance ne concédera rien ! Utopie que de croire en un quelconque ralentissement, un effacement des énergies sales, au renversement de la motrice-matrice  Société de Sur- Consommation, de Sur-Production, d'Accumulations des déchets.

Les plus grandes puissances industrielles ont réveillé la MACHINE INFERNALE. Des-humanisés, à la tête des plus grands monopoles rejettent tout accords sur le climat. L'Europe affairiste navigue en eaux troubles.

Tous les secteurs productifs et en plein essor décupleront leur coût carbone d'ici à 2025. Les amplitudes du Réchauffement sont chaque année ramenées à de plus proches échéances, les estimations valent  vente aux enchères,  la dette caracole vers des sommets, le compte et le bilan sont insolvables... Les décideurs le savent, passent outre, il y a plus urgent, plus important que l'Ours blanc en perdition sur la Banquise.

Les Indices  flambent, les rois du pétrole exultent, adulés par l'Europe des " en Marche ". Une situation qui affecte tous les niveaux  affectés de la vie sur Terre.

Il y a situation de catastrophes naturelles, depuis longtemps. Mais demandez  aux lumières en marche de baisser l'ampérage !!! 

Triste constat ; et même si la France, l'Europe devaient s'assagir, réagir fermement  et brutalement en faveur de la sauvegarde du climat et de la biodiversité, qu'adviendra-t-il lorsque des super-puissances sur la ligne de départ s'élanceront à la conquête de la domination commerciale et économique ? Elles réclament leurs heures de gloire et leur train de vie d'abondances. Des centaines de millions  d'êtres humains   dans les starting-blocs, en Asie, notamment.

La Civilisation de l'Or Noir précipite les mondes vers le chaos, via le déclin, la décadence. Le grand responsable étant les rouages du capitalisme, non en tant qu'idéologie mais plus précisément lorsqu'il s'avère être un outils, une arme impitoyable destinée à déchaîner des logiques  cupides désastreuses, incontrôlables  sur le front de la réalité de l'algorythme ingouvernable de la Production / Consommation / Déchets - Rejets.

Mr HULOT, la messe est dite ; certes, nous pouvons encore espérer un regain de réactions positives, salutaires ... Mais il n'en sera que du côté des associations, des opinions, des fondations, des ONG qui luttent vraiment. Quant à l'Etat, n'y comptez pas, qui excelle dans le faux-fuyant, l'esquive du boxeur, la relégation et le report...

Faire-valoir, rodomontades, effets d'annonce, représentations, gabegies à la mode, un tout informe non suivi d'effets, perclus de prébendes et de moratoires, de compromis honteux aux plus offrants et nous en passons.

Il n'y a pas d'autres solutions salutaires que le ralentissement du prélèvement de nos ressources naturelles. La transition énergétique doit être  quasi-immédiate, la baisse du trafic aérien et  naval également, la diminution des heures hebdomadaires de travail et leur regroupement par  demi-semaines, entraînant une baisse drastique du nombre de personnes à véhiculer pour raisons professionnelles, telle serait une mesure favorisant la qualité de vie dans nos villes, qui  restent  à repenser, de A à Z .

Quant aux rejets des unités de production, que l'Etat soit aussi regardant que lors des contrôles techniques automobiles auxquels il nous faut se soumettre tous les 2 ans ! 

 

Enfin, une révolution agricole s'impose, dès demain !  Impulsée par l'Etat-Région, destinée à éradiquer sur le champ tous les pesticides ou substances chimiques rapportées impactant  la chaîne alimentaire, les insectes, les oiseaux, le végétal, l'animal  et l'humain.

L'ECOLOGIE EST PLUS  QUE JAMAIS  POLITIQUE

SON MINISTRE D'ETAT DOIT ÊTRE DE PLAIN-PIED AVEC LE 1 ER MINISTRE

 

Le projet politique écologique devient  prégnant, garant de notre avenir, argumenté, élaboré   à partir de faits irréfragables. Les sociétés sont menacées d'une guerre totale en cas d'accélération des processus destructeurs  pillant  et dévastant les ressources vitales de notre planète.

Nous sommes déjà sur le mode survie. Les êtres fragiles dégagent les premiers. Les signes sont là, une espèce disparue est un constat d'échec, d'inefficacité, d'indifférence. Il ne reste plus qu'à attendre

...

CORSICA...GO56

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UN LIEN ÉDIFIANT / MONDES EN PERILS

Banksy_l_art_dans_les_rues_devastees_de_Gaza

Survivre, espérer, tenter de  grandir dans la Bande de GAZA...Comment les grands laissent-ils faire ? Distances oecuméniques obligent, on ne mélangent pas les genres sur la scène internationale ; question de leadership, de chapelle, de dominance. On évoque d'un côté les valeurs pour  les oublier, ailleurs ! Questions de prébendes et surtout de fric, de dessous de table juteux.

Aréopages pléthoriques  dont les mines coincées en disent long sur le parcours de l'hypocrisie, de l'indifférence, de la négation, à contre courant de l'histoire en marche.

 

LIEN 

 

http://www.liberation.fr/debats/2018/05/17/israel-palestine-rever-qu-ils-disparaissent_1650830

 

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ÉLÉGIE A LA MÉMOIRE !...

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 Cent cinquante printemps nous séparent. Cinq bâtisses traditionnelles se sont perdues à travers le maquis dense comme le ruisseau, au mois de  juin s'enterre... Quelques enclos, des fours à pain revêtus de ronciers, une auge dont la lumière sombre  naufrage les étoiles 

...! 

 

 

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COMME UN AUTOMNE 

 

 

La sente s'accôte sans tarder au flanc du versant.
Pierreuse, parcourue de minces filet d'eau, aux bordures
jonchées de fleurs et de plantes grasses des rocailles.
Majestueuse, dans toute sa longueur lovée sur la pierre
réfringente et humide, une couleuvre se dore au soleil.
Le bruit des pas la dérange. Elle s'y dérobe, sans bruit,
furtivement, puis nous abandonne, n'en finissant plus
d'onduler avec une grâce lascive.
Quelques minutes d'ascension distancent de la voie,
commune et du tumulte ferré. Le tracé disparaît
sous un dais de ciste blanc et de cistes de Crète froissés ;
le ton de l'évasion est donné, ponctué
par quelques cairns chancelants, aux issues aléatoires...

 

De la route monte la rumeur des chevaux vapeurs qui,
peu à peu, s'étiole, se perd dans les horizons brumeux
de la mer tyrrhénienne. Le sentier chemine, élonge
un petit cours d'eau dont le chant à la brise se mêle.
Le gazouillis des passereaux emplit la combe. Subreptice,
le trille d'un oiseau inconnu retentit. Les blocs erratiques
lancent de terribles oeillades, depuis l'aube des temps et leurs grottes
aux ocres oxydés. Présence imperceptible dont quelques
marches usées révèlent le passage, en silence, à toujours.
Le chuintement de l'eau monte de l'abrupt en chutant
comme un lointain appel.

 

La curiosité  vire à  la récompense
lorsque la voie ombreuse,  sinuant sous la fraîche ramée,  
imperceptiblement décroche et s'échappe
vers le ruisseau. Apparaît un havre de paix
et de trous d'eau translucides.
La frondaison des arbres à baies en berce la monodie.
La terre rouge effeuille aux ciels sans nuage
les pages d'une transhumance sans fin.
Halte providentielle où ensemencer la pensée,
s'impreigner de l'instant sans nom ni montre
qui eussent cadré la course du temps ou l'époque.
La ville n'est pourtant point distante
et, déjà, l'ascension revêt tous les agréments
de la grande randonnée en moyenne montagne.

 

A hauteur d'un petit plateau herbeux, enchâssé à souhait,
l'itinéraire offre deux options opposées. Vers la droite,
un champ couvert  de vipérines vaut sublime invitation.
Nous la déclinons !
Les abeilles butinent, l'essaim volette au comble
des cieux  retissus du printemps.
Harmonies pastorales désormais réfugiées
quand elles ne se meurent pas  à la porte du progrès, 
de l'évolution forcenée,  de la chimie et ses engrais.

 

L'olivier sauvage, ses rejets vivaces effacent 
le genévrier thurifère, se font plus présents, au diapason
des murets et des enclos à bétails.
De gros murs éboulés traversent un épais maquis
et se perdent en grisonnant dans un fouillis inextricable.
Vie pastorale suggérée que l'on espère recouvrer
à l'orée du vestige, de la ruine, touchant au but probable
de l'investigation, en pleine nature, à l'intime
des mondes oubliés et en sursis, un jour,
quand ils furent privés de source et de bras !

 

Ainsi, de se laisser guider, entre l'orientation spontanée,
l'intuition et l'immémoriale évidence d'un don, d'une manne.
Les Anciens affectionnaient ces lieux où les vents dominants,
l'ensoleillement, l'eau et la végétation concouraient
aux meilleurs compromis qui eussent assuré l'autarcie,
plus que la subsistance, l'abondance des nourritures terrestres.
Ils s'y sont établis, longtemps, avant de disparaître à jamais,
sans que l'on sût vraiment la cause majeure, irrévocable.
La végétation a tant poussé. Elle s'est refermée
sur l'habitat n'acordant plus aux fenêtres que les pans
d'un azur aveuglant par lesquelles les souvenirs se sont envolés.

 

Lézardant la large façade de la bastide, une fissure
laisse échapper comme un filet de voix. Recueillement !
Thébaïde lénitive qui eût complu de nos jours à l'hermite,
à l'anchorête, en quête de méditation et de prières.
Un chêne vert plusieurs fois centenaire
accueille le nomade et le convie à sa table taillée dans le granite brut.
L'arbre, vénérable, veille. La frondaison obombre du petit jour à la nuit
la place du hameau aux  pierres safranées.
Perfection, force  des chaînages d'angles, des assemblages, dont la taille
savante éprouvent plus d'un siècle d'érosion.

 

Pas un bruit ne trouble l'humble repas.
Toutes les ouvertures du bâtis dévisagent l'inconnu.
Le four à pain attenant abrite une ombre amnésique.
Immersion au-delà des décennies, évocations silencieuses
dont les figurines et les santons fabulent un imaginaire improbable.
Mais le voyage mérite que l'on s'y atèle, telles ces alliances qui
des bêtes aux hommes unissaient leurs efforts afin de figer
les fondations de la mémoire, à toujours !

 

Il est de nos jours
des volontés inspirées qui se lancent à la reconquête
du patrimoine ancestral, avec tant de talents, comme s'ils eussent été
de la lignée directe, mus par quelques allants mystérieux et communs,
disposés à dresser à nouveau la pierre carmine de la terre ocreuse
sur fonds de Grande Mer violine et d'horizons safres.
Ils ne sont plus très loin, qui investissent
coteaux et adrets, en montant à l'ancienne hameaux et maisons
en s'appuyant sur les rocs des îles : un duo rebelles.

 

Puisse le maquis complice se refermer sur ces écrins,
sans les démolir, précautionneusement, secrètement.
Laissons à l'errance et à la curiosité le soin de guider le nomade
en ces lieux d'authenticité qui s'absentent des clichés,
solennels et beaux.
N'ayons de cesse de recourir aux compositions de nos aînés en
y apportant une touche de modernité mesurée, sobrement ...
Et nous redonnerons à cette Île ses accents de vérité
qui n'ont guère de prix.

 

Linteaux, robustes jambages, clés de voûte, meurtrières, vantail disjoints
et c'est le granite qui rayonne encore comme un automne
sur un lit dévalé de poutres, de bois de fer enchevêtrés,
dès les premiers rayons du soleil comme ils s'embrasent
au couchant. Souvenance des amants étreints, unis pour toujours
dans les effluves asphodèles et les myrtes ...
Et si les maisons de nos aïeux ne redoutent jamais la pluie,
les vents et les violents orages, on les sent fébriles,
tellement désemparées devers l'oubli, l'abandon
qui inexorablement affouillent les contours
de la mémoire, des saisons passées à échafauder
le sens d'une vie,
autant de lunaisons vécues sur la terre rougeoyante
qui engendrèrent de nobles métiers, de nobles savoirs.

 

Je ne dis pas l'histoire mais l'émoi et le ressenti.
D'aucuns l'auront si bien retracée, évoquée.
Retrouvez-en les archives qui vous parleront
en dévoilant tant de choses et de faits étonnants. On ne peut
croiser de tels moment sans en effleurer les récits locaux.
Nous existons si proches d'une réalité qui aura été et perdure
dans le lignage de la pierre taillée,
sans pourtant le savoir et y penser.
Il est vrai que les beautés sauvages paraphent souvent
le silence, la solitude, les siècles en perdition... Mais de tout
un hameau abandonné, qui s'esseule malgré lui, dépossédé
de repères qui eussent valu témoignages, fêtes patronales,
pèlerinages aux sources !...
Après tout, est-ce mieux ainsi, oyant, écrivant de temps à autre
quelques élégies polyphoniques à la louange de ce qui fût
et ne sera plus qu'au souffle cristallin des vents,
aux cordes sibylline de la Cetera, aux sonnailles lointaines,
à la voix d'une Terre pétrée dont on révulse impunément les
ocres précieux et safranés qui dominent la mer et la crainte.

 

Je vécus cette échappée aux confins de l'inhabituel.
Il n'est de pas qui ne fût accompagné de révélation...
D'entre la découverte et la surprise, mille fenêtres
ouvraient aux champs des labours, des semences, des moissons.
Je cherchai obstinément l'aire de battage ; mais en vain !
plusieurs fours aux maisons délabrées donnaient
une triste accolade. L'enclos déserté signait la fin
d'un long périple qui allait de la mer vers la mer, de la mer
vers les monts de la Terre du Commun.

Vives et nourries   furent les émotions. Terreau des îles
plus que légitime.  Et de renaître à cette fresque
éminemment pastorale, de cette terre  d'abondance
et de provende où le hameau, le village, le bourg bâtissait jadis 
chaque maison à la lueur de l'amitié, au chant de l'entraide

§

 

- MARIN - En Chemin - En guise de brève nouvelle ...!

 

 

 

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POÈME LOINTAIN !...

PIROGUE_TOGO_

 

 

 

Il est des pensées que fait jaillir la nuit,

épaves de pirogues qui ne peuvent se dégager des flots ;

il est des pensées qui n’arrivent pas à se hausser

jusqu’aux lèvres et qui ne sont qu’intérieures.

 Épaves de pirogues perdues loin des bancs de sable,

qui se charrient simplement près du golfe.

Devant, l’on voit une terre désertique,

et derrière, l’océan infini.

 

Ô mes pensées, quand naît la lune,

et que tout ce qui se voit paraît boire les étoiles !

Ô mes pensées, liées, enlacées,

épaves d’une pirogue aventureuse qui n’a pas réussi,

 

vous êtes suscitées en un moment suave

puisque déjà se repose aux limites de la vue

tout ce que nous croyons être l’univers,

et qui est le prolongement d’Iarive-la-sereine ;

 

en un moment de paix, en un moment de bonheur :

il siérait bien que s’élevât du fond du cœur

le plus beau chant, le chant qui dit

la dernière élégie, la fin du sanglot.

!



 JEAN-JOSEPH RABEARIVELO

(Traduction de l’auteur)

 

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DESSEIN / DASEIN !....

 

MARTIN_HEIDEGGER

 

 

 

 

Aux chants des-espérances
désenchantés

Vaguent de vrais pensers
que des murs lézardés
aux vains mots flanqués
en chemin
relèvent en chutant

Il n'est autre stèle
qui vaille   halte
Pose ou révélation
de toute éternité
Allégorique écho

Que d'aires    ici bas    désolées
où battre sa coulpe     solitaire et las 
on y  vanne plus  le grain noble 
mais les bales des mondes
en souffrance

Que ton  dessein
aux étoiles
rende l'écume des jours
s'évade et aille
Dasein  inexorable
à la recherche du temps vaincu

Vois l'horizon
qui emporte la mer
jusqu'au  au ciel
et regagne la Source des sources   

Agapé

 

!

-  MARIN -  A Terre - 

 

 

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DROIT DANS LE MUR !...

 

 

DROIT_DANS_LE_MUR__001




D'une rive à l'autre
en rade
c'est de bonne guère
mais quel banal      ne fonces-tu pas
déjà   droit dans le mur
Du moins  le simules-tu
ici - bas   en ricochant 
Fausserais-tu  compagnie
au large    à l'espoir
des libertés fauchées d'avance
Malgré l'évidence frontale
le cours obstinément léthal
des habitudes con-figurées

Quitte le golfe glauque
les baies surfaites
d'agréments et d'aisances
Elance-toi      distance la rengaine
la gestuelle rodée qui te précipite
à contre temps des piètres allants
lancés à la rencontre du néant
Dérade

Comment acceptes-tu
ainsi  sans fin
de virer de bord
d'ôter de ta route ces étendues
vierges en laissant les tombants
dévalés barrer l'horizon des îles
leurs cristallines largesses

Fuser droit dans le mur
au diapason des bolides
sans foi   ni autre loi    comme aux abois
Un court-circuit
qui ne te ressemble point
use et faillit au dessein
perpétuel de la lumière

Rejoins les vires fluides
recouvre la passion du soliste
vers  l'inconnu
Eploie
les ailes d'une pensée
qui ne bute et ne blute plus
le socle pulvérulent  de la durée éboulée
lasse d'en durer

A vous le vaste domaine
le terrain d'aventure
la longue distance
ces refelts de terres lointaines parcourus
de sillages silencieux dont les ailes furtives
esquissent  de rares accords 

Jouez avec l'arc-en-ciel
de l'ellipse des folles arabesques
et des vagues envivrées
A l'âme    le souffle du vent
cet appel
que rien ne draine
au fond d'un canal
où elle se serait pendue
pour n'avoir jamais pu
entrevoir l'au-delà
souffrant des corps à l'ancre
en gisant leur port

!

- MARIN -

Mal aux Mondes, Mal de Terre  - 

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