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AUX ENFANTS ET A TANGUY DU VENDEE GLOBE  

 

Ah, me diriez-vous, emmené au coeur de ces vagues béryl, émeraudes, aventurines ! Tout un poème que l'hiver compose avec ses lumières basses et crues et que tamisent le grain froid des Aquilons. Les rais du soleils se prennent à traverser la lame et fendre le coeur des enfants de toujours à bord du Mistral... Des vagues de cristal pétillantes et fraîches, allant des ciels bruissants comme des pensées ... Et fleurir chaque rivage en partance vers la beauté ; une beauté que les risées  soulignent à l'infini, indéfiniment, inlassablement apprêtée et qui ravit à mille lieues de la raison.

On se prendrait à croire en quelque étreintes de sirènes, qui vous loveraient dans le panache de leur  chevelure dorée. Oui, l'eau, l'alchimiste incomparable édifiant, ourlant les légendes de l'éphémère et de l'éternel, esquissant sous nos yeux médusés la fluxion temps, l'instant, quelque brins d'éternité que l'azur nous concède parfois. La mer et ses tempêtes, ample respiration des mondes fluides et fuyant partout et nulle part, insaisissables mais si prenants ! ... Que fais-tu, là, Marin ? Pourquoi tendre obstinément vers l'ultime rencontre et jouir de ces relances incessantes comme s'il en eût été de l'invite irrépressible des naïades éclairant l'écheveau des vagues, aux jeux envoûtants d'Amphitrite qui t'auraient convié !...

Et vous, houles croisées, énergies magnifiques et secrètes qui, lointainement, ébauchez le balancement des océans que les astres commandent à la terre ! Nuages avalancheux à l'unique touche euphonique et parfumée, ceignez et nimbez l'île d'une aura blanche une saison si mystérieuse, bouquetant à l'envi non les profusions étoilées d'un Avril mais les boucles en multitudes ineffables de la mer parée de joyaux. Au cristal des tables bien garnies qui se préparent, les vagues répondent : _ Dans la solitude et la clarté, avec toujours plus de pureté, voyez, nous déclinons nos penchants et nos inclinations à la simplicité inimitable des mondes qui nous façonnent...  Cène rare où le marin s'abreuve d'écume et d'embruns louageant en silence l'ordonnateur des grandes marées et le vaste charroi des coups de temps qui nous regardent passer, impavides, imperturbables et si prodigues.

Mes Pensers vont encore et toujours à ces Marins qui autour du Monde exultent avec leur Voilier, cavalcadant sur les hautes Lames de l'Océan Indien, jouant à iriser l'univers, à habiter le prisme fascinant que seul le sillage et l'étrave sauraient contenir. Limites fugaces à la mesure de l'univers, acception tangible du temps qui passe et dont on  ne peut regarder à la fois, de front,  les deux ondes, les deux vagues en ellipse qui nous rappellent au présent de la vie.... Là, l'instant qui va ; vers le bout- dehors, une gerbe à venir ... Entre les deux, la divine mouvance du funambule qui retient l'haleine du temps, l'alliance arc-en-ciel, toute la liesse et la vérité de la mer

!

1 ère Ecriture le 18.12.2012

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