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Paul et Virginie, Bernardin de St-Pierre -  " un ange qui prend son vol vers les cieux "... Une des scènes plus émouvantes du Roman de Bernardin de St-Pierre, à lire et relire ! 

 

Nombreux auront été et seront les Auteurs qui relatent l'Océan, à nous dire, à nous livrer l'intimité de leur âme en présence du  " Vieil Océan " ; quel que soit les courants et le genre  littéraires, les époques : l'Océan fascine, terrifie, exalte les esprits où la Poésie s'engouffre sans raison ni limite... Tantôt sur les rives de la beauté, de l'amour, du Spleen, des grandes interrogations face aux tourments de la Déréliction ; au seuil de l'éternel, de l'infini, les flots de la mer toujours recommencée, le ressac, les vagues, la tempête et la solitude des vents, la grande solitude du silence de la mer et des marins, cette solitude associée au mutisme légendaire du navigateur, dont seul le regard saurait nous dire l'incomparable beauté de la mer et la terrifiante réalité de la peau du diable ! Je vous laisse un moment, en compagnie de ces auteurs prestigieux, de Byron à Hugo, vers le Surréalisme d'un Isodore Ducasse - Comte de Lautréamont -, Beaudelaire et Rimbaud, Emile Verhaeren, et tant d'autres ... Revenez de temps à autres sur cet Espace et vous y trouverez toujours d'autres penseurs, des poésies, des textes relatifs à l'Océan-Mer d'Alessandro Baricco. Puisse ce recueil d'écritures toujours vous agréer et bien sûr étoffer l'horizon incommensurable de l'Océan, avec Marin, quelques fois, humblement

MARIN 

 

Ainsi, mon cher Morel, sur le port arrêté,
Tu regardes la mer, et vois en sûreté
De mille tourbillons son onde renversée.

Joachim du Bellay - Les Regrets - 

 

Il existe un monde où nul ne pénètre,
Non loin des abysses et de ses mélodies,
Au cœur du tumulte.
 

Byron, pour  ( Chlide Harold ) 

 


La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. 

Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal - 

 

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots ! 

Arthur Rimbaud - Le Bateau Ivre  -

 

La mer ! La mer !
[…]
Ma peau, mes mains et mes cheveux
Sentent la mer
Et sa couleur est dans mes yeux ;
Et c’est le flux et le jusant
Qui sont le rythme de mon sang. 

Emile Verhaeren 

 

– Et qu’il vente la peau du diable !
Je sens ça déjà sous ma peau.
La mer moutonne !… Ho, mon troupeau
[…]
Sautez sous le Hû !… le Hû des rafales,
Sur les noirs taureaux sourds, blanches cavales !

Tristan Corbière - Le Naufrageur - 

 

 

 

 

Ô poète, gardez pour vous vos chants d’aveugle.
Henry Jacques (Chansons de la mer), pour sa part, fustige les poètes casaniers et rejette la virtuosité de l’art :
Poètes de tous poils dont les pieds ont des bottes
Dont l’aile est repliée au mitan des capotes,
[…]
Nous chanterons d’instinct, toute âme, toute chair,
N’importe la musique et n’importe le vers :
La Mer !

Victor Hugo - La Fin - 

 

Même si je ne suis pas à ma table, leurs figures mouvantes ne cessent de me hanter […]. C’est en moi comme les mouvements ressassés, prévisibles, sans cesse imprévus, de l’eau profonde qui enlace, gifle, submerge, met à nu […] puis caresse doucement les roches de granit rose, ruisselantes, polies par les remous frangés d’écume.

Robbe-Grillet - Les derniers jours de Corynthe -