A_PUNTA_MAIORI_

 

 

 

DE RETOUR SUR MER 

 

 

 

Depuis la mer sous un soleil que tamise le grain
les îlots de rochers brasillent dans le maquis
tel l'or des villages d'antan et de la pierre taillée


Sensation étrange au sortir du sommeil léger
d'un songe   lorsque à peine éveillé
il me semble regagner non la panne 
mais un esquif dont les bordées courbes
encore tiennent le flot et la lame
Comme si je m'en retournais dès lors
d'un voyage au coeur de la nuit profonde
Et de me poser en glissant sans fin
sur quelques arpents merveilleux
et ondoyés de prairies marines
aux bleuités fascinantes des encres
lorsque  les rémiges soyeuses
des  ailes   ô  épures irraisonnées 
des oiseaux marins       esquissent sur l'azur
l'harmonie et le poème pérennel des ciels


C'est alors que le Choeur  me rappelle à la vie
et me dit combien la terre est belle  soulignée
par le flux indigo de la longue houle   quand  nous évoquons 
Ce fruit célestiel qui dérive dans le cosmos
emmenant par vagues les myriades
d'êtres dont nous sommes  et dont je partage 
la  traversée numineuse et   sibylline
Tout ne serait - il que rêve   des -illusions
probable pensée en ce concert tangible
où l'âme un instant  clair reflet  se devine lointaine
avant de quitter  le règne éphémère des apparences


Ce  théâtre antique   mémoire avide   ne se réduirait-il pas au néant
à l'heure du naufrage perdrais-je  à jamais
tant de joyaux et de trésors enfouis
dans l'écrin fabuleux des mille et une nuits
 Que la mer me prenne un jour et me reçoive
Ainsi de la voie lumineuse de l'azur   Humble
accord dans cet univers dédaléen qui me fonde
Que je meurs à l'orée du partir à demeure
entre deux lames   hier ou demain
dans ce sillon liquide qui me ceint    en ce faisceau ineffable
où  délinéer le temps et vaincre les tombants  de l'âge rompt le silence

 

§ 

MARIN - Sentiment Océanique - En 1 ère Ecriture / 36.03.12056 

2 ème Ecriture le 37.03.12056