16122015_Courbet_Palavas

 Gustave COURBET / Palavas 

 

" ... Je te parlerai mort

Car la vie étincelle

Et livre au cœur battant vif

Par les portes de la mémoire

La chair inextinguible

De la moisson future..."

Gérald NEVEU

 

AMERS

 

Esotérique
dithyrambique
oui        certainement
plus encore     rivé
à quelques pans de folie fraternelle 
dont je choie et loue
chaque jour les délires 
de prodigues dérades

Je ne suis déjà plus de ce monde 
mais d'une autre sphère
L'artéfact  le faire-valoir des horizons étriqués
dominent et grèvent à l'envi le rêve
N'en déplaise au commun
à la pensée unique    je les fuis

D'où  sans doute   l'esprit rebelle
que d'aucuns ne saisissent
ou comprennent
convolant aux confins du Zodiaque  
du silence des signes 
mystiques
Ainsi des chantres 
de toute obscure  monition 

Le faisceau des sens 
pour unique phare
la lune clarteuse des poètes maudits
allant par vents et marées
d'entre les vraies nues
telles vont  mes transes ailées
Que d' allants où la danse des vagues
à la dénégation  s'allie
jusqu'au bout de mon sang
en manque  d'iode
d'absinthe ultramarin

J'aurai vécu
Ô petite mort de la mer
cette ineffable alliance
toutes les fois impermance
immanence
Saisons en enfer  au paradis
où les maux
la déréliction perdent enfin
toute emprise
un peu plus près du Ciel

Evoquer la camarde
quel non sens létal
Mais d'une compagne fidèle
que l'imaginaire
 immodéré
des grands espaces espère
mariant essence  et liberté
cet éther chargé d'histoire
de contes et de légendes
dont seuls les mystes
détiennent encore et toujours
les secrets
les clés d'une énigme
irrémédiablement philosophale

Je ne suis pas littérature
ni philosophie
de loin en loin
humble être   jamais parfait
entité tout juste probable
tangente à l'horizon
des possibles
fluctuant entre instant
et non lieu

Point de doute à cela
quand la raison 
du  coeur s'éloigne
Mais de grâce
abandonnez-moi
aux meurtrières de la démence
aux stases  que tous les alcools
allègent et ravissent
Vers libres de toutes entraves
tissez la chaine  la trame
et le filigrane
d'une autre éternité
à conjuguer  à décliner
à clamer au présent
de mon infinitude

J'écris entre la mort et moi-même. Quel  espace de liberté !

§

Anton - Pasquinu d'OTA  -

A bord de la Folie - 

 

  « À mon avis, un poème est un jet de mots, une diarrhée du langage. Une diarrhée du langage, mais ne venant pas du néant, mais plutôt d’un ensemble d’expériences pratiques, sentimentales, accumulées dans un individu à un moment donné »

Gérald NEVEU