LE_BOUT_DE_LA_ROUTE__

 

DE PASSAGE

 

Manquent déjà    à l'appel de l'océan
ces fabuleux pans de vie que la traversée
lentement   débarque puis   quitte
sur le môle de nos  souvenirs

Toi    qui en uses   abondamment
depuis les mers impitoyables
dis-nous le chasme sans limites des vents
les gués azurés que tu oses

Je sais la volonté opiniâtre
Nulle représentation qui vaille et pense les mondes
mais l'être     à l'écoute du grand Tout
voyant plus loin que l'horizon  au-delà des murs

Renaissant à la dénégation vitale
à l'étrange poésie des choses vraies 
Te voilà rendu     plus léger
migrateur au long cours   aux portes des inconnues

Que le vieil adage témoigne
et ne s'obstine point
quand au corps à corps  de l'acte s'ente
l'inextinguible absolu    les voies de la clarté

Qui des grands espaces sourdent 
comme un rappel
à la découvrance    à la liberté  au vertige de l'Azur
Chaque mot allant au gré de la lame
par le fol amble d'une  geste risquée  

Ainsi de l'ultime souffle
du verbe euphorisant
qui agit sain et sauf
qui  parvient à l'orée de la nuit perpétuelle

Un instant   une heure    une année
mille ans - lumières
Qu'importe la durée
quand s'ouvre au ciel
l'hypothèse d'une Pensée

Passager des cercles poétiques
que le bout de la route
comme une énigme
esquisse enfin  l'antre onirique
de Sagesse      dénoue l'écheveau des âmes
aventureuses et libres

A la patience    qu'il nous faut ensemble
peupler   animer    explorer     avec amour
à l'instar des grands espaces
qui eussent attendu qu'un seul regard les révélât
ne serait-ce qu'une fois  un instant

 

- MARIN -


D'Aventures en Aventure
à bord de l'énigme théosophale, de la dernière folie

 

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