orage_tornade_kelly_delay

 

Sombre tour  boyau de l'enfer 
quels dévalements de ténèbres 
n'effondres-tu pas
sur la plaine et la cité
De tes colonnades viciées
depuis l'arcature des ciels
courroucés
fondent les foudres
Tourbillonnantes
des vents rageurs
et des nues souillées
Qu'emportes - tu  lorsque fuse
le souffle d'un dragon 
frappant aveugle
à la porte des prophéties
et de leurs cités honnies

Tu déchaînes
Une emprise sur les terres
épointant la folie
des hommes   Cette démence 
qui empoisonne
et perce   l'éther
des cimes  insolentes d'autres Babel 
Tu vomis comme  tu rends
leurs miasmes
à l'haleine fétide
des touffeurs
Que t'infligent
l'ingratitude
et le mal vivre
chu de l'or noir
du minerai et d'un sang
de jais
ravis aux entrailles de la terre

Et je vois en tes contorsions
reptiliennes
les douleurs
d'un ouvrage rebelle
à la cupidité
à l'impudence
de la raison tyrannique
des industries tentaculaires
l'horizon lointainement
revêt l'engeance
de la fatalité
et des mondes inachevés
qui ressurgissent du chaos inanimé

Insigne révolution
des puissances occultes
Te voilà message
Héraut des temps
apocalyptiques
Magnanime quand
tu finis ta course
en te dissolvant
dans l'azur
retombée en poussière
sans jamais avoir été entendue
juste redoutée
ou ignorée pour les ignorants  
que tu épargnes encore

Et l'invisible prend forme
le ciel soudain s'anime
sans voix mais il gronde
tonne et se déchire
sous l'éclair fulgurant des spires
des matières démoniques 
Le silence des dieux
nous dit alors  par-delà les astres
Assez           la terre n'en peut plus
ne veut point subir
les affres d'un pillage universel
les hideurs du rapt
et les souillures du mépris

D'un gigantesque
champignon
que le toit du monde
chauffé à blanc
arc-boute
tornade    sur la terre
et sur la mer    trombe
arrimez vos liens
d'allégeance suprême
à l'au-delà
précipitant   
ses diaboliques lianes  de vent
aux puits sans fond qui  brisent toutes chaînes infamantes

En simulant  le retour du Déluge
de la frappe atomique
et du crime organisé
voici venue l'ère
d'un verdict sans appel
Que brandissent les célestielles sentinelles
adjugeant la sentence nocturne
de  tornades angéliques
promptes à raser aveuglément  
d'autres Babylone  


Elles marquaient jadis
du sceau de la destinée
d'immenses étendues
Sur l'océan      les marins
craignaient la trombe marine
le Maëlstrom qui les eûssent engloutis
ce tourbillon dantesque sur les flots
sacrant  à jamais
la fortune de mer
le chasme  d'un Nadir
de l'autre côté du ciel
qui unit  les abysses
Aux racines de la Vérité

§ 

MARIN -   Les signes du Ciel - 1 ère Ecriture  / 11.07.1915

 

 

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