RIDER_SOLOFOU__TENTE_LES__60_NOEUDS_

 


 LIMITE

 

La solitude ne se voit pas       Elle plane 
comme l'amer que l'on aurait manqué
qui tintinnabule dans les brumes
du naufrage     
L'heure est au bilan de la dérive
au bout de la route
là où il n'est plus aucun choix


Verserai-je au registre de l'énigme
le fruit gâté des maux
dont l'improbable décours
ne laisse plus aucun espoir de rémission

Insupportable limite
qui rive et qui porte    obstinément
le regard à terre
quand la bordée du retour demeure
paraphe inéluctable
douloureux aveu      infinitude
de ton ailée orpheline

Tu es du domaine des prairies marines
de ces terrains d'aventures
que les vents et les vagues exposent
Le rivage n'est jamais assez distant
pour le vol à voile libre
que l'azur t'accorde sans frein

Mais tu n'oses pas encore  le grand saut
les horizons de l'invite souveraine
Tu entends les appels incessants
du vide    empli de silence  jusqu'à la rumeur
le sain  tumulte des houles hauturières

Je te sens si proche du partir
du charroi des moutons innombrables
Vertiges visions
qui d'entre la raison la folie
un jour vaincra
qui aura brisé les chaînes
de l'Un-Conscient

Je connais le faix
de l'abnégation     la hantise du pari
qui s'ente au dictamen en se livrant
à l'éternité   au grand large
Est-ce là tes  gages de vérité
un absolu
l'essence de l'extrême
qui t'absentent parfois si loin
de plus en plus loin
longtemps
avant que le long sommeil de la nuit
ne rayonne de mille feux

§

MARIN - MAL DE TERRE  MAL  AUX MONDES  -

 

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