EUDAIMONIA_

 

 

A la poésie        à ses rivages incompris

A ce supplément d'âme

que je te suppose

par pressentiment 

en route vers  le   dernier port 

au corps-mort

 

A ce surcroît de voyage 

métaphysique

mon frère

duquel tu nous attends

auquel tu me convies

 

Là où la Grande Bleue

dolentement 

bat le socle de l'accore 

Corse

Je vais et je croise la lame

dans le dénuement de la solitude

en silence 

Partageons l'assonance  des vagues

 

A cette aile  qui m'est à la fois orpheline

étrangère et si familière

je  me livre

corps et âme 

à corps perdu

c'est comme l'on voudra

 

D'aucuns évoquent les tombants 

de la bigorexie    de l'assuétude

Soit 

Mais au bourdon de la longue houle 

j'ouvre la bonde d'un coeur meurtri

 

Ils se conjoignent 

éperdument

 s'essongent

par ces sauts d'harmonie hyaline

 

Et je vais    

tantôt évagation   tantôt  pantomime

prenant le pouls  de l'azur dense

qui flue dans mes veines

par le choeur des eaux qui engendrent

 

Ivresse des profondeurs narcotiques

Eudaimonia psychotique

Je te rejoins

Schyzo - frère

dans la souvenance abyssale

que le Puffin   si près de moi 

dévoile

en ton nom

avant nos retrouvailles

 

Je le mime

nous devisons       sans parole

la mer nous destine

Qu'importe  le paraître  le rang  l'ascension 

 L'éphémère règne

quand déjà se profile  un dialogue  

outre - tombal

 

Je ne jongle pas avec les mots

mais les vis

intensément

dans l'eurythmie des mondes intouchés

J'en découvre le sillage

au fil d'une lecture fluide

de longues errances littorales

Ainsi des termes  de l'épreuve

initiatique

 

Quant à la source des sens 

j'en épuise     dérisoires    les blandices 

Au fil  tangent de la dénégation

 dialoguer  avec la mort 

les  sur- vivants

Eau-Delà

!

 

- MARIN - 

Poème de l'Intranquillité

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