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J'aime cette terre nue ce trait d'union entre mont et ciel
Aux effluves courroucées des sels neigeant l'iode marin
Une contrée baignée d'abondances et de sécheresses
Inonde le parvis des saisons de l' insolente beauté
Des solitudes et franchit le temps fleuri des montagnes
Que les moulins brassent dans les souvenances
De l'ivresse et des cépages antiques éclaboussés de bleu
Et les collines rases des vents et des bourrasques
Ondulent en moutonnant dans la mer lanugineuse
Envoûtent le coteau et le tombant loin dans l'Ether
Où des éclats d'îles préludent à de perpétuelles éclosions
Ainsi me parle ce petit havre du bout du monde
Effrangé de dunes aux flagrances vaguement rares
Des baies d'orient et de Phénicie des immortelles
Quand les oyats épars sifflent l'ode aux embruns solennels
Incendiant mon coeur de l'inaltérable passion du Large
Ô Cap Je vois dévaler des lointains que tu me concèdes
Aux confins des bleuités délivrant nos hivers blancs
Le mont des oliviers sauvages le chant de l'aire vannant les blés
Les tombereaux regorgent de fruits et de grains
les attelages gagnent en se balançant le petit comptoir
Juché au bord de la mer empli du flot pérenne de la vie
Quelques maisons basses aux volets bleus se sont accotées
Là Les venelles brisent les tempêtes la masure est basse fuyante
Et se voûte au seuil ombreux des portes ouvragées
Les hirondelles couvent au printemps  S'en reviennent
De l'au-delà des étendues et du sempiternel été en stridulant
Goûtent aux provendes secrètes  Au vaste grenier d'une île
Que n'es-tu encore et toujours perdu petit hameau
Gravant dans l'azur et dans le schiste métamorphique
L'évocation paisible de l'échange et des rencontres
Les demeures colorées et comblées que la terre honore toujours
Au pied ancrée de la tour grince le guindeau rouillé
Il chante l'hymne de la mer aux barques prodigues
Et généreuses le temps de l'accalmie d'un accord  Au loin
Le phare veille une lueur aurorale habite la tour  L'âme
De la nuit pare au danger de la passe  L'écueil se signe  Serment
J'ai plus de cent ans en voguant depuis  Et le cap pointe
Une vie un éclair une étoile  Voile parmi les multitudes
J'égrène au rivage tonnant le chapelet enfoui de nos pensers
Que l'unique sigle votif lie en pleurant sur l'horizon
Et je voudrais tant qu'il ne fût jamais demain
Mais le songe bercé de ces profonde sonates ancrées ici
Que les vents exaltent encore  Nonchalamment chaloupées
Alors exhorte-moi aux transhumances de l'Azur avant de te quitter
Que ton règne s'en empare sans apparence qui eût faussé
L'au-delà  le cantique dionysiaque et serein  Ce trouble à aimer 
Un temple ineffable à ciels désespérément ouverts
Ainsi du sacre Chaque printemps  Car je viens renaître à la source
Au coeur de ses vagues où s'étreingnent senteurs et clartés
Les sens enfin recouvrés de la lumière et du désir

J'entrevois enfin le bout de la route  J'entends comme un appel et je me recueille

 

Marin-  l'ode au Cap - 1 ère Ecriture : le 26.07.2013 / Aux petits Enfants 

 

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