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Parler de Nature, de Beautés  sauvages confine au  pléonasme, à une maladroite redondance, au non sens qui rend compte de représentations totalement décalées par rapport aux réalités du fait naturel immémorial.

La qualifier de sauvage revient à énoncer le principe d'une Nature qui ne le serait déjà et  hélas !  plus, dès lors  bafouée, ravagée, gravement bouleversée à des fins cupides et de dominances.

La Nature est par définition tout  sauf " sauvage ", terme ou faire-valoir destinés à en tirer les plus grands profits, à ses dépens. Que nous évoquions les communautés  toujours fortement assujetties aux territoires naturels, - alors vierges de toutes occupations humaines, primaires, originels, sans oublier la biodiversité.

La Nature est par essence accomplissement, harmonie, subtil équilibre, échange, ravissement ou terrifiante source d'énergie... Elle ne s'oppose pas à la vie ; il appartient à la vie de composer à partir de ces fondements souverains et imprescriptibles.

L'homme est la seule créature enclines à déroger à ces principes vitaux ; il en pairea  sous peu les graves conséquences

!

 

Que nous évoquions l'acception vaste du mot nature chère à J.J. Rousseau, une nature  à la fois bonne et tutélaire, qui nous ouvre les portes de la rêverie.

Que l'on songe aux joyaux impressionnistes, aux révélations infinies  des cinq éléments dont  le génie de l'homme dispose pour sublimer la nature et ses beautés, tout autant d'ailleurs, que l'animal vivant sur son territoire.  

Que l'on considère la  vision téléologique qui se développe  autour  de l'étant fondateur de toute évolution et de progrès.  

Que l'on découvre les confins d'un sentiment mystique, océanique ressenti par les grands aventuriers de l'extrême, les découvreurs - nomades épris de respect et de déférence face à tout ce qu'ils rencontrent  en chemin. Autant de partages qu'ils  recherchent et rapportent avec exaltation et brillance dans le regard !

Abordons tout ce que  la nature, au fil de l'histoire moderne des hommes, constitue et rassemble  d'espaces de liberté et de loisirs, lors des migrations saisonnières de masse...

Jadis et plus communément, la littérature, la poésie et  la foi  relatent, abondent deS récits de rudes  labeurs, vécus  entre terres et mers.

Force est de constater que la vie, l'existence n'auront jamais été de nos jours plus inféodées à l'idée et aux réalités  d'une nature en marge de terrifiants changements.

Elle est désormais assujettie  à des désordres incessants dont les causes et les origines lui sont étrangères. L'homme s'en défend et, sans limites ni vergognes, tente de traiter ces aléas en engendrant une multitude d'effets pervers, inadaptés, dangereux  pour un  futur proche !

Notons les horizons de la loi des hommes, les finalités de leurs systèmes voués à l'exploitation industrielle démesurée, irresponsable. La modernité  vise à s'accomoder des ressources de la nature en omettant, à bon escient, d'en circonscrire les possibles, les probables déconvenues et impacts  qu'ils auront générés et entretiennent de plus plus massivement ...

Les sociétés dites " primitives ", - nous dirions plus exactement, éclairées -, savaient et mesuraient toute la prégnance de la nature et des éléments. Ils réglaient, orchestraient, décidaient de leur vie, parfois de la survie des populations exposées.

Le fait religieux, animiste, rites et légendes se partageaient le vaste spectre de la représentation, de l'iconographie et de l'art. De nos jourscet édifice culturel connexe s'effondre de façon concomitante avec l'exode, les déplacements que la nature bouleversée impose aux groupes humains concernées.

Quant à nos modes et genres de vies, d'entre les mégalopoles et les banlieues, les cités et accessoirement la nouvelles donne des campagnes livrées aux immenses domaines de la monoculture, la nature a bien été reléguée au niveau des artifices et des ersatz pour une grande partie de l'année.

L'été, les petites vacances renouant les populations avec la neige, la mer, l'évasion verte, toutes les formes de tourismes durables de plus en vogue. L'exutoire naturel parvient à son comble, parcimonieux, piloté par ke capital dévasteur ; serions-nous dès lors directement coupables des dérèglements du patrimoine nature ? 

Gageons que cette tendance suffira  pour infléchir le cours d'un temps nouveau, d'une ère  mondiale totalement pilotés par des menées contre-nature visant à exploiter l'homme, loin de son berceau, de ses attaches, de ses racines ! Puisse le temps contraint diminuer, revenir au naturel des équilibres biologiques, seules voies susceptibles de renouer  avec la nature, tout en progressant, affichant toujours plus haut les préoccupations de respect de la vie et de la biodiversité.

On ne consomme pas la nature car c'est officialiser le concept de rejet et de déchet, de pillage sans freins de ses richesses. Et vivre loin d'elle une grande partie des quatre saisons c'est aussi divorcer de ces nobles préoccupations qui nous poussent à s'en approcher, à l'aimer, à la protéger de façon collective et personnelle.

Des espaces urbains aux campagnes, du littoral vers la montagne, en plaine comme en forêt ne convient-il pas désormais de redéfinir cet espace - temps qui fasse que notre impact, notre présence, nos rapports à la nature recouvrent harmonie, beauté, fidélité, reconnaissance, gratitude, respect total. 

Éviter la fracture, la césure, toute action ou décision disruptives susceptibles de blesser, de vaincre toujours  un peu plus, chaque jour, les inclinations généreuses de la Nature avec laquelle tant d'êtres humains tentent de renouer,  le temps d'une délivrance. L'argent-roi-esclavagiste  asservissant les masses laborieuses et surexploitées , menace.

Les hommes agiront bientôt selon l'exclusive  et l'intransigeance redoutables de  systèmes et structures de productions totalement autorégulées, livrées au diktat de l'intelligence artificielle...!

Un jour , qui saura marcher et fouler la glèbe, regarder les ciels, respirer l'iode des mers et des océans acides, s'évader en pleine nature lorsque les foules vivront 24 heures / 24 dans un espace confiné, vitré, baigné de lumières artificielles 

Nous aurions divorcé de la Nature, en tant que desseins consubstanciels d'une idée de  l'homme régénérante, éclairée, prévoyante. Ne participons-nous pas, ici-bas, de l'intelligence de l'univers et non des viles menées du pillage et de l'exploitation des hommes destinée à les piloter, 

CONTRE-NATURE

à tous les niveau de la désorganisation programmée de nos espaces vitaux