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On ne distingue plus la ligne d'horizon. Un épais voile de brume jaunâtre, au large, confond le ciel et la mer. Quelques voiliers émergent lentement  d'une dimension  désormais turbide, inconnue par le passé.

Le large, jadis  profondément bleu, si lointain,  exhortait  à la rêverie. Et pourtant, marcher le long du sentier  qui rejoint en contrebas  la mer, les mêmes dunes de sable blanc que les montagnes et l'eau façonnent indéfiniment.

La houle délivre ses vagues sur la grève. Écho perpétuel, rumeur tonnante qui rappellent l'Océan, la lagune, la barre redoutable  de l'estuaire. Dernier havre de paix où l'harmonie des origines convoque la beauté  intouchée, livrée aux seules métamorphoses des lieux.

Rien ici ne saurait jurer, heurter l'essence de la  Nature, le vaste domaine  où la mer et la terre fusionnent, convolent. Des hommes l'auront compris qui saisirent d'emblée, avec passion,   les nobles  enjeux de la préservation, de la protection, de l'authenticité, du cachet d'une insularité respectée,  tant aimée.

Ainsi court la dune à travers bois de Genévriers et de myrtes abondamment fleuris, odoriférants. Le maquis littoral partage les versants boisés et les chaos granitiques  des monts voisins, sans entraves, à jamais libre.

Les vents, tant de rus, chaque jour ouvragent et parfont  le domaine. Unique écrin que l'embouchure du torrent de montagne souligne. Les charrois de limons, les arènes granitiques et les galets polis vêtent les galbes  de la dune.

Épaisse et large frange de sable blond  qui s'étire en croissant de lune, ceinte de rochers, couverte d'oyats et de cistes. L'immortelle fleurit à l'envi, contredit le temps, embaume et enivre celui qui s'adonne à la marche, les pieds nus, sur la terre sacrée, en songeant, en s'émerveillant encore un peu, depuis sa plus tendre enfance...!

 

- MARIN  -

A Terre 

Ecriture 2  le 78.97.3214

 

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