ANALOGIE_AVEC__SARS___COV2

 

Sculpture / Christophe CHARBONNEL - Site  ALERIA  _ 2B 

 

MOTIVATIONS 

J'écris, comme pourraient le faire très certainement des milliers de personnes en France, aujourd'hui, au coeur de la Pandémie Sars-CoV2 / Covid-19 qui touche le monde entier. 

J'écris, depuis l'Île de Corse, un hameau isolé dans une vallée,  également touché par ce fléau, ce virus d'un autre type, si peu  connu et pourtant  largement répandu.

Loin de toutes polémiques,  chapelles politiques et partisanes, querelles d'ordre médical, je tiens à témoigner  d'un quotidien confiné dont les termes sont susceptibles  de prendre une ampleur  insoupçonnée.

Nous ne saurions nous  plaindre au regard du dévouement, de l'engagement, de l'abnégation qui font le quotidien  des personnels soignants déployés sur les fronts de la maladie, de la tragédie, des possibles  et multiples occasions d'infestations,  au coeur du beau métier de personnels de santé ! 

 

TÉMOIGNAGE

Mais  qu'il nous soit donné la possibilité de décrire une situation précaire, fragile, explosive voire préjudiciable à la vie et à la santé de  milliers de personnes  probablement touchées par l'infection, en passe de l'être, l'étant sans qu'elles le sachent ou tout simplement qui présentent des symptômes de type grippal, ORL,  compliqués, évolutifs.

C'est après avoir consulté les médecins  par trois fois, eu recours à la médecine libérale et  récemment spécifique COVID-19 ( Centre  Déambulatoire  communal  mis à disposition du public, sur RDV ),  

C'est après être tombé malade il y a  environ 14 jours, étant  toujours  et surtout  affectés  au niveau pulmonaire ( Bronchite - Sinusite aiguës,  toux récalcitrante marquée, maux de tête  ), que les médecins ne concluent pas, après examen ORL soigné,  au COVID-19  ! Cependant : Vigilance accrue ...

Antibiotiques, médicaments de conforts : l'ordonnance reste habituelle ; l'antibiotique  est changé une fois et prescrit pour  10 jours.

ATTENTE 

Nous repartons à la maison. Une  surveillance et une  assistance médicale à domicile nous sont attribuées. Il  nous faut solliciter  le réseau d'infirmières libérales domiciliées  à proximité de la commune.

Cela dit, nous ne pouvons  passer sous silence les faits et la situation suivante. Ils  concernent  des milliers de personnes en France, en Corse, dans les Dom-Tom et Outre-Mer lointain.

En effet, faut-il attendre, après 14 Jours d' une affection tenace évoluant autour de la symptomatologie COVID - 19,  que nous basculions  vers la détresse respiratoire, que nous appelions  donc le 15, une fois que la maladie s'emballe ? 

Au regard d'un tel tableau  et en pareille phase de l'épidémie nationale, pourquoi donc, le  public à risques n'est - il pas testé  puis,   traité selon les résultats et non à partir d'un profil nébuleux, aux probabilités  aléatoires et imprévisibles de débordements ? L'incertitude  engage la santé vers de possibles complications.

Doit - on,  sans mot dire,  être " soigné "  via un traitement courant  qui pourrait s'avèrer inopérant en cas de COVID-19 déclaré ? 3 personnes vivent sous le même toit,  sont  également malades ( Mêmes symptômes,  aux mêmes périodes, sur la même  durée   ) ?

STRATÉGIE  /  QUITTE OU DOUBLE 

Après avoir sollicité par téléphone un cabinet d'infirmières, nous restons sans réponse ! 

Devons-nous attendre que  COVID - 19 frappe fort à domicile pour être transféré(s) à l'Hôpital,  dans un contexte  d'aggravation, d'exacerbation des signes, notamment le SARS. La maladie requiert souvent l'assistance respiratoire, l'intubation, le coma ...

Peut-on espérer dans pareils cas d'urgences être appréhendés à égalité, dans tous les hôpitaux et structures COVID - 19 de France, soit,  d'une part au niveau  du traitement personnel administré par les médecins  selon le diagnostic, l'état du patient, la chronologie de l'infection par le virus,

et, d'autre part, selon un protocole adapté et suffisamment précoce mis en place, garant d'une guérison plus rapide et plus sûre

La stratégie ne doit plus masquer ou cacher un manque de moyens actuels. Les Tests sont à généraliser, dans l'urgence.  A  quels prix conforter une  " option ", une réponse   à plusieurs vitesses ?  Les EHPAD  relèvent  d'un type de fonctionnement similaire ; la Réanimation ne les concernerait-ils plus ? 

Loin de  nous cette hypothèse qui vaudrait funestes issues pilotées au sommet 

!

TÉMOIGNAGE 

COVID - 19  / 26 Mars 2020 

Île de CORSE 

 

LE  TEMOIGNAGE  " D ' EMMILA  " 

 

Journal de confinés " malades "....

 

 

Premier médecin, (il y a dix jours, malade, énorme toux et fièvre depuis 4 jours) examen de la gorge à deux mètres de distance, écoute thoracique..." Je n'entends rien " m'a t-il dit, délivrance de paracétamol et d'un sirop....Me signale qu'en l'état actuel des choses, il ne peut se prononcer, qu'il se trouve de très nombreux cas dans la population, que la Corse est très touchée par le Covid, et que cela dépasse de beaucoup les chiffres officiels...

 

Deux jours plus tard, accentuation de la toux de façon inquiètante, nous souffrons de forts maux de tête, douleurs thoraciques importantes, dérangements viscéraux, impression de malaise le soir : Le médecin nous administre des antibiotiques, à prendre pendant 10 jours.(Nous sommes deux à être malades, ce qui est très bizarre ... )

 

4 jours plus tard, constatant que nous évoluons vers le pire, que les antibiotiques ne font aucun effet, nous prenons la décision de consulter un autre médecin, dans un centre " Covid 19 ", ouvert depuis peu...Après examens, très fortes bronchites, sommes placés sous un autre antibiotique, paracétamol et d'autres médicaments...A ce stade, les médecins ne se prononcent toujours pas, pas de tests possibles, nous demandent de contacter une infirmière qui devra faire un bilan deux fois par jour, pendant 14 jours...Tiens, quelle drôle d'idée pour des bronchites ! Mais il vaut mieux être prudents... Bon courage...Sauf que là, le " bon courage " est de trop....
Aujourd'hui ( 15 jours après le début de la " maladie " ), pas d'amélioration, et même plus, notre état s'est dégradé. Nous sommes épuisés, l'infirmière jointe ne donne pas suite à notre message...Que fait-on, dans un minuscule hameau de campagne où tous, nous sommes confinés ? Rien attendre ici côté mairie, deux adjoints vivent dans le hameau, mais c'est du chacun pour soi... Alors oui, je vais peut-être mourir comme tant d'autres, de façon bête et méchante ; ou peut-être pas... Comme tant d'autres, il nous faudra attendre d'être en " détresse respiratoire " pour tenter de joindre le 15, je dis bien TENTER !!! L'Etat nous prend pour des idiots; nos dirigeants " locaux doivent prendre des décisions URGENTES et généraliser tests et administration du traitement du professeur Raoult... TOUT DE SUITE....Protégez-nous, protégeons-nous

 

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