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Tout en marchant le long de la dune, je parcourais la pensée de ces hommes qui un instant se sont abandonnés aux élans du cœur, du monde sensible … ! La beauté, le dénuement, la nature pleine et sans concessions qu'il convient d’aimer, de respecter, de protéger aussi. Nous sommes ici très loin des discours et des flagorneries de salons, des compromis juteux !
 Un cordon littoral sensible, des espaces lacustres délicatement maintenus, une faune et une flore quasiment endémiques constituent à quelques centaines de milles du Continent ces espaces d’une rare authenticité. Les saisons et les montagnes se chargent d’en révéler toutes les subtilités, les nuances et les parfums du maquis littoral.

De la lumière aux contrastes, sans oublier les fantaisies de l’eau et des vents, les humeurs du ciel et de la mer, ce petit coin de collines et de vallons tombés dans l'azur est une révélation.
Parvenu au bout de ce vaste sablon doré, les ganivelles en bois de châtaignier ont été posées par des hommes soucieux de son sort et très convoité. Elles s’arrêtent brutalement et disparaissent dans le sable épais de la dune.

En effet, Janvier 2010, une tempête terrible touche l’Île de Corse...! Deux vents tempétueux vont déchaîner la mer Méditerranée : Le Libecciu sur la Corse dont l’origine plonge loin vers le Sud-ouest et les Côtes Algériennes et une Tramontane qui dévale les versants Est des Pyrénées, qui s‘élance, sans retenues vers Kallisté… Ils vont conjuguer leurs forces, ce souffle redoutable à la fois doux et glacé, levant aux parages des côtes occidentales une mer grosse, voire très grosse. Les marées gonflent la mer aux rivages, entraînent des sur-cotes de tempête et balayent les plages .
Cet endroit de quiétude estivale porte encore aujourd’hui les marques de ce gros coup de mer. La petite haie de bois imputrescible garde l’empreinte des flots, le galbe des lames venues tout emporter, pousser, contraindre, rappelant aux hommes les marques imprescriptibles du vaste territoire de la mer. La Grande Bleue entend bien agencer et façonner à sa guise ces milliers de milles de côtes, de Gibraltar aux confins de l'Asie Mineure.
Photo anodine, presque insignifiante …! Certes, mais elle évoque pour moi d’indicibles pensées de glisse et de fusion avec l’élément naturel, l’onde, la vague, le vent.
Il y a dans ces torsions, ce mouvement, ces figements l’évocation franche du ressac, du shore break, du déferlement, de l’énergie magnifique de la vague sur le point de se coucher sur la grève dans un fracas assourdissant.
Les précautions et les attentions des hommes ont été épargnées ; elles récompensent chaque jour la Nature. La mer y a laissé un témoignage sain et loyal ! Puisse-t-il demeurer ? Ne rien toucher; le dispositif assure la renaissance, la pérennité de ce havre de paix.

Au pied de la colline, l'eau d'un ruisseau mélange la terre à la mer. On y découvre la source près d'un laquet que les coteaux livrent aux oiseaux de passage ...
Voilà une photo du mois étrange ; elle m’inspire ces lignes. Humble et si simple mais tellement chargée de souvenirs, de réminiscences, avant le temps improbable, imprévisible de l’impossible ressouvenir …!

 

MARIN

1 ère Ecriture le 29.08.2011 - Lecture à mes Petits Enfants


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