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Une plage immense en croissant déroule l'échevau d'un songe. Les lointains flottent dans les touffeurs de l'été, qui m'absentent déjà  vers les  rivages du Gabon. La  large dune abrite ce que l'hiver, les saisons et les crues auront déversé dans la Grande Mer ! Bois migrant qui se réfugient en s'en retournant à la terre, aux racines. C'est le dernier appel du champ ! Nous leur donnerons cette chance de réhabilitation par la voix spirituelle et l'ouvrage de la main... Car ne lie t-on pas dans la main, côté coeur, côté esprit, les desseins de l'âme vouée aux 

RACINES 

 

 NB /

L'écriture sur clavier : on ne s'y fait pas ! beaucoup de fautes, qu'il nous faut reprendre par la suite ; ce qui est fait, peu à peu, si souvent. Soyez indulgents, merci

!

...  Elles n'ont pas de prix, oscillent comme les étoiles dans le ciel ; liens du sang, du sang jusqu'à la terre :  d'où vient ce flux mélodieux, le rythme pulsatile de l'âme des Peuples, des Minorités, de la Liberté ...? Songez que ce chant pourrait-être celui des esclaves que l'on arrachait par milliers, des rives du Sénégal au Congo et ailleurs, reclus dans les terribles prisons, la maison des esclaves  de l'Île de Gorée, qui n'avaient plus d'autres choix que la mort ou l'exil de la traite des  négriers, parfois les deux ! et de pleurer son père, sa mère ! Émouvante complainte Garifunas, Minorité ayant souffert les affres de la perdition et de la domination ... A écouter dans son intégralité

!

 

Retournons aux sources !

Récupérons ces racines dont on  aurait dans l'ensemble tranché les liens à la terre, qui les unissent... Voyons aussi dans  les charrois de la mer ce que les saisons, les latitudes convoient depuis l'éternité et  déposent sur nos rivages. Laissons l'imaginaire transcender la matière naturelle,  diverse et variée. Ainsi du tailleur de pierre, du sculpteur, de l'artisan ouvrageant le bois courbe dévalé depuis les plus hauts torrents de nos montagnes. Il y a là comme une manne, un trésor que chercheraient sans fin les peuples de Micronésie qui, sur leurs atolls, attendent que l'océan les gratifie d'une offrande divine ; ainsi considèrent-ils le bois échoué sur les plages de sable corallien.

Mais au-delà du simple objet : une présence, celle du bois, combien d'essences aux parfums relevés ! l'arbre  aura vécu et passé pour finir sa route vers les dunes, la grève, le tumulte des rochers. Une veine, un grain gorgé de sels, durcis au soleil mordant des étés. L'eau, qui chante et qui court comme le filet du ruisseau, de la source qui chantonne en fluant dans les profondes rides, entre coeur et aubier.

Et puis, c'est comme une image, du déjà vu peut-être ; une idée, un concept apparaît donnant à l'objet brut une autre destinée... L'utile rejoint l'agréable qui se confondent en un tout original, unique, mariant  la matière à l'extravagance des formes, aux délires les plus fous ! Point de canevas, de plans, de rigueur à tracer mais juste le regard penché, humble, afin qu'émergent des racines les éléments fondateurs de la liberté et de ces fruits : fantaisie, originalité, souci également du travail mené à son terme, ce qui ici ne sera pas le cas, puisque l'imposante souche d'arbousier sera  laissée brute, juste brossée et non poncée ni polie.

Bien qu'il soit réalisable, sans altérer l'esprit même de ce petit ouvrage,  de l'affiner jusqu'à l'étape du lustrage, nous l'aurions agencé pour un usage extérieur, ( Jardin, terrasse, nature ), à l'épreuve des intempéries, sans colle, par assemblages ou alors chevillés, les deux procédés ensemble... Alors, si l'exemplaire de bois trouvé vous en dit davantage, deux petits plateaux en bois flottés à fixer sur la base de deux  branches tronquées  le destineront : desserte de table, table pour apéritif, ou alors coin lecture qu'une lampe en écorce, liège, corde, bois flottés aussi, éclairera tard dans la nuit ; puisse la racine, à l'instar de la conque, avoir gravé le chant de la mer et des hautes futaies qui jouent les archers du vent dans la montagne... Et pour parvenir au terme d'un périple étrange, évoquons en cette bouteille de vin et ce verre vert, la sève, les sucs, l'histoire des adrets  que puisent les profondes racines et toutes les vrilles de la Vigne, là-bas, vers les collines et les versants qui abritent le village perdu, millénaire, ancestral !

Je n'omettrai pas un chant, celui qui nous vient des Racines, du Sang, de la Terre des Ancêtres, des populations Noires  exilées, arrachées à la Terre-Mère, par-delà la mer et toutes les mères éplorées ; je pense parfois aux racines du ciel meurtries sur la terre, tentant vainement d'abluer les sillons souillés de l'histoire sans fin ...!

MARIN

Je dédie ce Texte et ces chants Garifunas  à mes Petits Enfants, dont les deux parents ont tranché, depuis 7 ans le Lien des Racines ; coup de Blues  ci-dessous, générations fusionnées !

 

 

 

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