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THE PINEAPPLE THIEF

 

 

... Auront ici ouvragé  ! L'eau, le vent, le sel : plus forts et plus durs que la pierre des rochers polis et lissés. L'hiver, bientôt, étendra ses longs manteaux neigeux et d'écume. De très hautes vagues en chamarreront les étendues saphir ou émeraude, au coeur des roches noires.

Il ne sera plus ici que désolation, plainte de la mer sombre. Adieu état d'âme serein que les beaux jours de l'été semblait lier à la clémence et à la douceur du zéphyr, aux senteurs enivrantes d'un Levant printanier. Perdu à travers un dédale d'îlots, au plus profond de ces anses étroites qu'affouille l'éternité : point de regard ni de vitrine ! paraître à demeure est une gageure, une vanité insignifiante, maladroite, un accroc aux harmonies de l'univers, ici bas, dont les éléments se partagent les fantaisies, les rudesses, les folies qui nous ignorent en passant.

Exalté ? Non, qui le serait, lorsque les brisants égarent le marin à une encablure d'un rivage dilacéré par la fureur des éléments déchaînés.

Et quand  les îlots ressemblent  aux nuages, quand les ciels aux vents blêmes  qui les mêlent, les confondent aussi, alors  le trait de côte n'est plus que ressouvenir tant la tempête métamorphose et travaille. Marin ! combien te sens-tu  petit, infiniment in-signifiant, si dénué et  si faible, au  bord de la rupture bi-polaire où épuiser un mal schyzo-tonique !...

Il croisait un jour  par ces lieux extrêmes et sans concessions ; il lui semblait ne rien pouvoir faire d'autre  qu'écouter la chute des vagues pour se situer là où quelques jours avant il  glissait sur une mer plate et sans écueil ! Le fracas  des lames qui croulaient tonnait encore plus fort  que l'écho  simulant l'avalanche, le torrent de montagne en crue qui roule ses rochers sous les eaux sans que l'on puisse les voir.

Il comprit ce jour que la mer était sans frontière, que l'eau et les éléments qui en destinent les desseins et les forces révélait partout l'égale puissance de l'énergie magnifique !  Il découvrait aussi que la mer, l'océan, leurs vagues et leurs charrois de houle allaient l'amble, sans distinction ni différence aucune  quand les génèrent des circonstances exceptionnelles ; enfin, si près du grand large qui ceint îles, vers les plus hautes cimes enneigées balayées par l'ouragan, un Everest, un Hawaï seraient ici  à la portée de toutes et de tous, et ne démériteraient pas.

Et sans confiner à la vue de l'esprit, à ce volubilisme de bon aloi que l'égo parfois exalte de façon ostentatoire, dithyrambique, il vous invite, un jour et par fort coup de vent  à venir en ces lieux effleurer la plainte des Roches Noires, là même où les lames toisent trois petits de nos mâts...

MARIN - 2 ème Ecriture et en cours ... 

 

 

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