MER_OBSCURE_

 

Par un après-midi d'automne, déjà si sombre, règnent  les prémisses de l'hiver et des  futures  galernes.

Les charrois de nuages augurent du vent fort qui dévale le long des îles. L'horizon flou vacille comme un mirage au désert, dans les lointains irradiés de dunes. Les voiliers d'une probable  course égrènent le chapelet de la mer du vent en ralliant le bon port.

Tout n'est que profonde solitude. Le chant du silence ne laisse plus de combler et de ravir  l'ivresse des ailes blanches qui vaguent.

Le ciel n'accorde à la mer aucune de ses radieuses fenêtres. Et pourtant, que ce manteau ouaté au-dessus des flots est beau, ouvragé à souhait, lorsqu'il reflète l'immensité.

Tandis que le fond des golfes et des baies demeurent calmes, pointes et cap rejoignent la haute mer et ses  champs bossués. Les étendues  se hérissent par les flux croisés d'un souffle inextinguible, déjà lourd. Ainsi de l'air froid et pesant que les marins connaissent au large, à l'aube, le matin  cristallin du solstice.

Les écueils auréolés d'écume et de vagues massives éclairent de longs moments cette eau froncée, obscure. Vers le rivage, la silhouette des plus hauts rochers se métamorphose au grè de la faible lumière du jour, pressé de rejoindre la nuit.

Je vais, errant, migrant à la rencontre de l'histoire que nous écrivons tous ensemble, en cet instant tragique de funestes destinées, sur la Grande Mer endeuillée.

Quelle complainte entonne un rêve  liberté, espérance, paix si ce n'est les cimes  d'une île,  d'un tout petit point sur l'azur qui semble les guider, malgré tout, par-devers le néant, lui tendre encore et toujours  ses bras de terre d'ex-île.

MARIN - Migrations - Terre d'Ex-Île - 

 

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