I_VENTI_SCEMI__

" EMMILA "

 

Nous fait parvenir une photo  étonnante. La teinte, l'encre bleu-nuit intense qu'elle revêt, fascine. L'écume larme de tristesse et de joie ! C'est ainsi. L'heure est au matin, droit dans le soleil, avec le coeur  pour humble  amer.

C'est un  jour de vent fort. L'horizon entonne le Blues. On déplore, hélas ! des incendies, de l'autre côté des humanités, là où l'on met à l'envi les desseins des mondes à l'envers, sans vergogne, cyniquement !

Au coeur d'un azur rugissant,  par le vaste détroit qui attise le Mistral, des îles étranges semblent avoir  surgi  des profondeurs du verre en fusion. Des volutes ignées au  métamorphisme brutal mêlent sans hasard  veines de roche noire et granite porphyroïde polis. Les couleurs  sont exaltantes.

Tels un unique rempart, des  barrières de rochers érigés en îlots, que séparent de splendides passes, laissent fluer les vagues de cristal comblant un immense aquarium. Celui-ci est sans aucune limite ! Les passagers de l'azur le savent, depuis la nuit empyrée qui ressuscite l'âme.

De fortes bourrasques froncent la surface des eaux tandis qu'un  ciel intense en exacerbe les profondeurs, les tombants de toute nature. Instant  précieux que ce vertige, ce délire turquin, extravagant ! Notre  vaisseau en est coutumier. Le régime des vents comble l'infini des îles, enivre mille étraves écumantes.

Voici une toute autre notion d'aquarium qui se présente au solitaire qui vague et qui divague. Un domaine où la transparence est reine et l'entrave vaine. On y sait chaque créature  libre de s'enraguer ou de voyager  en obéissant aux équilibres fondateurs de la diversité souveraine.

Entre les oiseaux qui croisent par dizaines et la faune marine, chaque  pan de l'univers entre en résonance  positive et pérennise la vie, ce qui fut et ne sera peut-être plus demain ! 

Ces îles, tour à tour cascades d'écumes, nuages d'embruns, antres sauvages où se jouent quelques partitions marines symphoniques lancent  vers le large les grands bras d'une terre ossue louant  le chant des vagues, les harmoniques  d'une migration inextinguible.

Vous prendriez bien  le soin d'agrandir ce cliché ? C'est la seule recommandation qui s'impose :  rien ne l'aura faussé ni trahi ; il est pur comme le réalisme  du mirage. Tous les sens l'offrent au regard ; ainsi de l'allégeance, de l'intuition  qui ne s'explique pas.

Comme une empreinte, une aile sur la roche qui se ferait intaille, camée au vol libre que la solitude ouvrage en silence, au dernier envol. Le silence est d'or quand l'écho lui fait défaut et s'en éloigne, par trop médusé quand il naît du baquet des foules qui "  ignorent d'ignorer " ! ...

Prose Marine -  De Passage  -  En 1 ère Écriture depuis l'antiquité par  Ghjorghju d'OTA