ANTONIN_ARTHAUD_

 

 

 

Que je m'impose  cette  injonction dont la syntaxe et les termes plagient le maître de la maieutique ! 

Retour aux  extrêmes apolliniens, dyonysiaques qui ne laisseront jamais plus de fonder l'Être aux mondes et au Temps que je suis, d'entretenir cette soif inextinguible de culture, de co-naissance, d'inconnu.

Dialogue conflictuel  avec  l'En-Soi, à cette  locution chère  à l'existentialiste.

A l'orée de l'Absurde me conduit  le conteur des Noces, l'Eté, en hiver, l'Homme Révolté, lorsque de loin en loin  je perçois  l'appel salutaire des vents et des vagues , là-bas, vers le Tournant du Grand Sud de l'Île de Corse que veille le stylite  pétrifié  du  dernier des  sommets Sud  de l'Île de Corse, en Cagna.

Oscillations mystiques, sublimités  insulaires, intouchées, oniriques  ! 

" Oublie-toi toi -  même "

Relègue  tout ce qui  entrave, noue, serre et mal étreint ! Largue les amarres, ne fuis pas, va et  donne - toi, livre - toi à ciel et  à coeur  ouverts. Saches  enfin recevoir  de l'étant et non  subir  le chaos, l'éphémère, le vide ampoulé de toutes les  vitrines qui placent et situent le temps d'un mirage, de l'illusion, de la re-présentation indifférente au Tout !  

" Eau-Delà ", puisque là croise un tout autre  credo, selon ta  volonté, le sain  dictamen de ta conscience ! Fais donc de la place au numineux de la découverte, d'une rencontre, de l'échange et du partage incessants  que les éléments initient à  ton égard.

Glisse, vole, plane, enroule le galbe  pers des lames, capte l'essence  sapide  de ces rouleaux d'écume qui ressemblent aux nues, aux névés, aux plus  hautes congères  balayées par les vents purs. Désinences prodigues de la mer en beauté ! 

Au diapason des  champs de l'aventure qui  prennent de l'ampleur, de la majesté, qui  convoquent ou invitent la mort, plus vraie et plus intense va la vie, l'espoir, cet Amour Agapê  que les  Anciens auront si  bien décrit, circonscrit, chéri, détaché d'Eros et de la contingence passionnée ...

Rends  - toi  devant les pans de la beauté originelle et loues-en l'instant fugace, l'évanescence, la diaphanéité  ! S'il t'est donné  la chance d'écrire, de penser en mer,  d'aller un peu plus haut que la gestuelle te le permet encore, alors, rentre-toi et écris près du feu  tout ce  que   l'abandon des  maux, des tourments, te permettra  de relater, de confier, de transcrire. Ainsi, demeure  dans le vrai. L'acte fusionnel y mène, en esprit, divers et si profond, telle la foi, une autre foi plus palpable, tangible, ces vires  qui  s'en approchent, un  peu plus près du Ciel,  de la grande énigme.

Vient  le jour de la délivrance, de la re - naissance aux mondes de tous les possibles ! Beaucoup  t'auront échappés,  quoi qu'il advienne, sur la voie de la quête pacifique, océanique qui  t'anime. Et c'est bien en ces moments qu'il  te faut  t'oublier, être à nouveau, à la lisière des sens, du réel,  proche de l'essence des choses qui distancent, qui absentent de l'éphémère durée et de ses  impressions relatives.

Quand viendra le moment des adieux, de  la fulgurance du regard abyssal posé  sur l'autel de la mer, lorsque le bord qui t'aura conduit une vie durant sur les flots naufragera, rompu aux folles échappées  de la glisse  extrême, là encore, trouve la ressource  qui est en  toi, épargne - toi le repli, la réclusion à perpétuité, la désespérance de l'inaction, de l'angoisse.  Oublie-toi toi même, seul et multiple à la fois 

 

Ecoute le silence de la  mer, ouvre  le vaste journal de bord  que tu auras écrit, lis et relis, reprends le cours d'une pensée habitée par cet autre moi-même,  quelques mèmes édifiants  qui  témoignent  de Mer-Océan, de la Nature, des grands équilibres et de l'harmonie qui y président et, transmets le leg inestimable de ces milliers de lignes écrites et couchées sur le  palimpseste de l'azur. Si la mort surprend en chemin, sur la Longue Route, elle sait aussi attendre que s'accomplisse le dessein d'une vie, l'émergence d' un retour aux  sources, les  fruits  de l'arbre à pain, les  Vrilles de la Vigne.

 

Alors

Immanence 

Immortalité

Du principe de la vie, sans souci de la mort qui ne serait qu'un passage, un changement d'état, une mue,   à l'état continu  d'un non - être  terrestre

!

- MARIN  - 

A revoir, en cours 

 

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