UNE IDEE DU GRAND LARGE...
Un voilier fonce dans la nuit de l'océan Indien, du Pacifique, après des milliers de Milles de route, de régate. Les concurrents du Vendée Globe sont en course, certes ! Mais avant tout ce sont des Marins... J'entends çà et là qu'ils naviguent dans des conditions plus aisées qu'il y a un Siècle, contrôlant l'épreuve avec l'informatique et une logistique au sol des plus sophistiquées ... soit !
Les bateaux sont parés à affronter les plus gros temps, ils seraient insubmersibles et dotés des dernières technologies de construction: Logiques de Courses et de Marchés obligent, les Sponsors sont bien présents et décidés à emporter la palme du Marketing !
Mais au-delà de tout cela, bien ancré dans le cœur de ces Femmes et de ces hommes, il y a l'appel de l'évasion, du Grand large, de l'échange indicible entre l'homme et la mer, la solitude abdiquant parfois jusqu’à l'abnégation. Le Prix en est la vie, tout simplement avec son cortège de solidarités qui s'expriment dans la tourmente et la détresse survenues l'espace d'un instant, quand tout bascule, au fond d'un caisson étanche, dans l'antichambre de la mort, profondément et obscurément esseulé... Les bateaux filent et dévalent des lames immenses, si près de la limite des glaces, passant surement à côté de grands mammifères marins, d'objets flottants en tous genres... Ils sont en course, ne dorment en moyenne que cinq heures par jours pendant près de trois mois et leur voilier ne connait pas de répit. La nuit résonne, l'immensité obscure et solitaire de l'océan frémit comme l'écho, " l' Océan Indien fait peur " concèdent-ils impavides, quand au surf ils dépassent avec angoisse la vitesse critique du bateau, d'innombrables fois au cours de la traversée !
Les bateaux qu'ils mènent autour de la planète doublant ces trois caps prestigieux sont exigeants, très rapides, légers. Ils imposent une maîtrise de la mer et des éléments quasiment sans faille; l'erreur d'appréciation veille, l'impondérable aussi, ils le savent!
Mais que risquent-ils là-bas, pourquoi ces courses, ces défis à la limite de l'inutile, insensés, coûteux il est vrai ???
Les questions fusent, les interrogations et les incompréhensions débordent et se perdent en conjectures déplacées.
Pendant ce temps, au terme de trois océans traversés, le résultat, le classement, la publicité, la gloire s'effacent au profit de la grandeur du Solitaire. L'amour et le sourire triomphant d'un homme qui vient de sauver une vie, de récupérer un ami, un Marin comme tant d'autres, un rival,
SERONT LES GRANDS VAINQUEURS DE CE VENDEE GLOBE, SANS OUBLIER TOUS LES MESSAGES DE SOUTIEN ET DE FÉLICITÉ ADRESSES AUX RESCAPÉS DES MERS DU SUD.
Loin du poste de commandement de la course et des plateaux de télévision, dans le dénuement et les solitudes de l'océan, la mer a été cette fois-ci généreuse. Mais elle révèle tout d'un coup ses pièges, ses dangers, et de plus en plus d'imprévus à imputer à l'ère moderne.
Ces retrouvailles, entre deux hommes, après Quinze mille Milles de course, l'un et l'autre naufragés, valent tous les trésors de la terre, scellent le monde.
Une vie récupérée au bout de l'impossible, dans les dédales du hasard, aux confins de la chance, qui signe le destin heureux d'un homme épris de mer, suivi de son Ange-Gardien,
Une vie qui en un instant prend toute la dimension de l'existence, de l'humanité, de l'unicité et des mystères de la conscience, une vie comme le don du Tout Puissant.
Au même moment, des centaines d'innocents, d'enfants périssent dans le monde par la faute d'autres hommes, érigés en systèmes iniques et destructeurs. L'homme devient le seul être capable d'apprendre à tuer, à exceller dans l'art de supprimer son prochain;
Je pense que nous vivons ici des réalités qui non seulement s'opposent mais dénoncent et hurlent les travers, l'esprit du mal, dominantes récurrentes qui habitent l'espèce et l'âme humaine ...
MARIN, pour Corsica...Go56
2 ème Écriture le 15.08.2011
Et pourtant,
" La mer touche au plus profond de l'homme. Dans la lumière du soleil, n'est-elle pas le miroir de l'âme humaine "
Philippe Plisson, extrait de La Mer
Photo, Site du Vendée Globe



