SCIROCCU
( En Corse )
SIROCCO
Un nom qui ne résonne point mais qui s'insinue et sidère le regard des campagnes. Le souffle qui effraie les maquis brûlants sur fond de terres calcinées et que mordent et dardent les canicules successives de l'été 2026
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Et, au-delà, en replongeant dans le passé, j'entends sa complainte ravivant les peurs. Face à la mer, au Levant, les angoisses se souviennent à jamais des funestes razzias, d'un perpétuel exil, d'une déchirure aux échos de la nostalgie
!
Mornes plaines ! je découvre des horizons désormais lézardés, dilacèrés, car, sous la grisaille de des nuées de particules et de poussières, vont et courent ces voies rapides noirâtres et huilées que la fuite et les exodes saisonniers saturent de monoblocs métalliques, surchauffés à blancs, clos, hautement polluants par leur nombre et leur vitesse ...
Faut - il encore gréver, exacerber tes accès, Sciroccu ? Ne fait - il donc pas assez chaud, malgré les morsures habituelles que tu infliges, toi qui t'en retournent de si loin, depuis toujours, sans avoir ainsi semé le chaos ? Pourquoi t'être invité et enté à la énième canicule de la saison ? Les anciens marins ne disaient - ils pas :
" Vent de Sirocco, mer en fureur et ciels de plomb "
?
U SCIROCCU - LE SIROCCO
En Corse, reliefs et dénivelés t'affolent. Ils participent de tes surchauffes sans limites quand tu traverses et franchis les montagnes. Et voilà que tu pèses sur l'âme comme tant de regrets.
L'effet de Foehn constitue le principe qui dynamise et entretien tes effets, sous le vent de l'Île, le long des côtes occidentales ; qu'en penses - tu, ô Sciroccu, toi qui ménageais tes ardeurs au point d'épargner Kallistê, le lendemain, aux heures matianles de la renverse, du Ponant et du Mistral imminents
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Ainsi de tes ciels densément voilés que les brumes de sable envahissent et figent telle une chape monochrome, sans soleil ni rayons, aux touffeurs insupportables quand elles se doublent d'une humidité complice.
Le silence règne au village. Au coeur du chaos granitique, plus un oiseau ne vole, ne se pose. Les fourmis se sont enterrées sur des sols exposés à plus de soixante degrés centigrades. Les feuilles des arbres vrillent et se recroquevillent en fabulant le crépitement des premières flammes ! Un sentiment, une impression de désolations règnent, comme un abandon, une abdication de l'étant en ces jours de dérives climatiques. Mais je sais aussi, qu'à l'acmé de tes chaleurs, la vie se terre, l'homme perd la raison
...
Est-ce la rançon des vents torrides en provenance du Sahara, d'Afrique du Nord, dopés aux gaz à effets de serres ...? Les cinquante degrés centigrades ne sont plus très loin. La barre fatitique aura franchi l'arc méditerranéen à la semblance des arcus d'orages et des puissants " Derecho ", des Medicanes tourbillonnaires des automnes devenus hybrides, désorientés, déboussolés, qui balaient nos latitudes et qui défont jour après jours les charmes et les douceurs de nos climats tempérés
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Les gigantesques balafres de la Terre aidant, les fumées âcres enveloppent, tel un suaire de cendres, la tragédie des forêts noires qui seront demain le lot quotidien des saisons, des funestes lunaisons, au-delà de toutes les rassérénantes éclipses, des songes Perséides et autres Augirides, de ces longues nuits aux étoiles filantes
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SCIROCCU
C'est pourtant un joli nom de voyage, de grands espaces. Tant d'ambiances qui s'égarent et se perdent dans la lente contemplation, la symphonie de la Rose des Vents, dont nous jouissions antan des poétiques alternances, des contrastes, des us et coutumes, des savoirs des terroirs aujourd'hui malmenés, fragilisés, endeuillés
!
SCIROCCU
C'est aussi un chant, une polyphonie, celui d'une Terre, d'une Île, d'une Mémoire, d'une certaine culture des chaleurs saines et vagabondes, mystérieusement distillées ; grains à la brise vannés sur l'aghja, ( l'aire de battage ), ce grand tout qui revenait chaque année, avant que le Mistral, la Tramuntana ne rompissent à ses excès, naturellement, tel un rituel immémorial, un repère temporel, une destination ...
SCIROCCU
Sonne comme un dicton, une poésie, un mirage tout en prose, le chèche qui s'aventure au pas chaloupé des chameaux dans le murmure des dunes, un rêve de changements, de découvertes aux pays des fées charmeresses
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Ô Sciroccu
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Que ne t'aurai-je jamais assez craint ! C'est désormais le cas. Retiens ce souffle des enfers qui sur la Terre du Commun embrase la forêt, menace le beau village qui s'append à la Montagne dans la Mer.
Une montagne de blocs et de bois intensément réfringents, douloureusement asséchés, qui donnent aux feux le pouvoir de se liguer à toi, malgré toi, tels tous les parjures à l'harmonie des alliances passées.
Puisses-tu ne jamais profiter des volutes artificielles en t'y entant, pareil à la funeste traîne des orages de feux incandescents embrasant les ciels. Je ne t'aurai jamais connu ainsi, sévissant en marges des bouleversements pluriels que toutes les folies infligent à Terre des Hommes et à ses écrins de beauté et de cristal
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MARIN À TERRE
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" IMAGES CHANTS ET AMOUR D 'UNE TERRE "
Une lune, encore gibbeuse, émerge au Levant, pâle et si floue ! Filigrane blafard et lueurs d'astre mort contrastent avec l'éclipse embrasée, le disque lunaire cerclé d'or et de mille feux. Le mercure coudoie 35 degrés. Il est 20h30
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Plus au Nord, le Sirocco attise un violent incendie survenu ce jour dans les hauteurs de Calenzana. Le feu menace une micro - région, a Balagna, u Celu di Balagna ! Sciroccu, pourquoi ne pas avoir attendu les prémices de l'automne, au-delà des référents météorologiques et calendaires, qu'il fît déjà froid, qu'il eût déjà tant plu.
Ce matin, deuxième jour, tu es toujours là, tu insistes et annonces la nouvelle ère des canicules sans partage, sans concession, le temps des combos hallucinants qui ne soucient guère de la Vie, de BioGée harmonieuse et si vraie
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Di Core, à tutti i Spinghjifoci chi lottani in Balagna è in altro
Le 27 Août 2028
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