A MORTE DI U FIUMU ...
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LA MORT D'UN TORRENT PARMI TANT D'AUTRES OU L'EAU ASSASSINEE
Hélas ! le Lit d'un Torrent, l'Artisan de nos vallées n'est plus dans les mentalités que l'égout, la buse, ce boyau ou ce conduit capable de perdre, de précipiter les eaux souillées vers la mer ; on en a peur, parce que l'on a construit tout près, refusant à l'Hôte des montagnes son droit d'exister et de pérénniser la beauté, acceptant cupidement de lui voler le nectar des cieux ! Qu'il est loin le temps des moulins, des jardins, des vergers qui élevaient ensemble le cantique à l'eau, à la vie tout simplement
!
Quand on a vu la Vallée du Rizzanese, après, tout est permis !!! il n'y a plus de limites, allons -y ; un torrent, à quoi ça sert ? Mais regardez de plus près, suivez-le, jusqu'au sable du Golfe et mesurez l'étendue des dégats ! Si l'on s'avisait de le draguer, 500 Camions bennes ne suffiraient pas à contenir les ordures et les déchets qu'il enfouit dans son grabat
...
Vous prenez le cours d'un très beau Torrent de montagne - évitons de reparler du Barrage et de ses aménagements sordides hydro-électriques qui fâchent - dont l'agonie s'exprime vers ces flaches nauséabondes du bord de mer, Ex-Rivages Lacustres de la Cité du Sel ;
Ensuite, vous considérez alentour une colline entière pour ne pas dire une Montagne réduite en poussières, concassée, dynamitée, explosée comme une immense Carrière, un mont que les B-52 auraient dévasté ;
Puis d'anviens villages ou hameaux atteint de mîtage chronique et galoppant à travers les versants, l'Adrêt, enfin ces coteaux des plus prometteurs ;
Le tout aux pieds d'un Massif majestueux et aux forêts primaires uniques ( Sapinières, Aulnaies, Estives des transhumances oubliées ... Vous aurez le ton, le tempo ou vous prendrez le pouls dévastateur qui bat sourdement, puissamment non pas du coeur d'une Terre d'Ex-Île, mais de ces fragments implacables de consciences aveugles qui lui sont devenues totalement étrangers. Les vrais ennemis ne sont plus les occupants mais bel et bien les temps modernes et ses sbires ...
Détaillons un peu le lamentable constat et revenons au sort funeste de ce Torrent ; les maisons, les hameaux le dépossèdent lentement, sournoisement et sûrement de son eau ... Dès Juin, il ne coule plus et s'enterre par tronçons depuis les hauteurs.
Plus bas, on lotit la Terre, la Vallée. La grand braderie a colonisé ses berges et qu'importe que l'on fût en zone humide ou inondable !!! Le M2 est si avantageux. Les dernières vasques ou nappes d'eau viendront irriger un gazon très comme il faut autour de la maison, l'eau sera à bon marché, la montagne y pourvoit. Il faut vivre façon cottage anglais, ça en jette ...
Mais cela ne suffit plus ! il est vrai que les dernières semonces de l'hiver et du printemps ont jeté le trouble . Près du torrent, là où les berges ont déjà été souillées par le bâtis, on se prend à craindre le lit naturel de la rivière . La crue et ses rochers grondent ; il faut faire quelque chose, endiguer le danger, aller au plus facile et pressé ... Ce sera la destruction du cours d'eau !
Alors, afin que l'eau, les vagues, les colères de la montagne ne troublent plus les intrépides locataires, on fait appel aux Michigans, à ces Caterpilar de l'enfer.
Et c'est le massacre qui commence ! L'accroc insupportable à la vue, au paysage, à l'esprit d'un fond de vallée, au cours d'eau et à tous ses arbres qui en tapissent le défilé mélodieux, le couvert végétal ;
Une autoroute tracée dans le vallon, assurant jusqu'au pont l'évacuation massive de l'eau des crues, avec tout ce que cela entraîne . Une artère disproportionnée destinée à briser le souffle, l'écoulement, la lente perfusion de la rivière dans les terres .
Plus en aval, vers la mer, le torrent ne sera plus que déjections, ponctions, miasmes, détritus, déchets avant de se jeter dans les eaux du Golfe ! L'été pue, le parasite règne, le fil de l'eau est infecte !!!
Et oui, Messieurs ! cela se passe de commentaires vaseux, faussement contrits, de ces atermoiements de bureaux qui n'accouchent que de piètres Poly- Tiques !!!
Il faut venir sur le Terrain, voir, constater, évaluer, mesurer, se révolter pour peu qu'il vous reste quelques parcelles de sensibilités et non cette fausse sensiblerie compassée !
Car dites-le vous bien, le danger sur notre Terre se canton-ne toujours à l'initiative exclusivement assujettie à cette perception hélas restreinte de l'avoir transmis ! à cet accaparement tout personnel de la notion du Privé, de la Propriété, de l'appartenance sans nuance au bout de terre ancestral et envers lequel on autoriserait toute déviance ! De quel droit vider, éradiquer toute la substance passée et si prodigue que nous auraient léguée les Anciens ?
Et c'est ainsi que des milliers, des dizaines de milliers d'initiatives de ce type détruisent à jamais, menacent, défigurent la Terre de Corse !!!
L'Homme, ce Sida de la TERRE, qui s'improvise de partout en Décideur, pourfendeur, assassin invétéré et patenté des inclinations splendides et durables d'un rêve d'Île commué chaque jour en Cauchemar.
Je n'ai rien à commander, à exiger ! Qui suis-je, si ce n'est une conscience Rebelle au service de ma Terre, de cette Terre qui n'est ni à brader, à vendre à tout va, encore moins à défigurer et à blesser ainsi tous les jours que la décadence orchestre !
Adieu ces vasques à truites, le chant de l'eau, les berges sableuses, les vasques où retentissaient le chant des enfants et des lavandières . Le sanglier refluera ailleurs, facilement ajustable ; on pense déjà à un pont plus large, sûrement démesuré ... Il y a tant de monnaie en jeu, à miser le dos des eaux troubles . La terre ne dit rien, souffre en silence et ne saurait se rassasier des dévastations qu'on lui afflige ; c'est la nouvelle manne providentielle qui ne dure qu'une seule vie et que l'on jette après
Ghjorghju d'OTA
PA CORSICA...GO56


