NOOS - SPHAIRA ? ...
Oeuvre
Salvador DALI
Il fait nuit noire, la mer est profonde. Je vis l'une de ces escales extralucides qui jalonne le sommeil, le cycle nycthéméral des origines, de passage...
J'appréhende, au vol sidéral de l'obscurité parsemé d'étoiles, le cours et le sens du temps qui passe, qui revient en boucles de souvenirs, de promesses hors de portée.
Durer, lentement, précise ses contours, ses limites, ses angoisses. L'éphémère prend toute sa mesure, confine aux choses de la vie : relativité et fugacité des rapports à l'étant composent et s'imposent de fait.
Pourquoi se résoudre un jour à l'éclosion fade et sans lendemain du présent, au naufrage des souhaits, des désirs ? Y tendre sans chercher à les assouvir, à les chérir ! J'entrevois inexorablement leur fin aléatoire ; sursis, moratoire, échéance, la sémantique ne saurait y pourvoir. Accessibilité transitoire, précarité des péripéties, mince probabilité de la vie, autant de pans ignorés d'une existence bien courte...
Libre-arbitre, dictamen de la conscience me sont mesurés, désormais cantonnés au seuil de l'esprit ; s'y résoudre, obéir, lâcher prise. Destinée ou fatalité consacrent le règne de la durée, commandent en pressant !
Eloge de la fuite, inévitable déchoir que le nonchaloir des vieilles habitudes et des us épuisés ! Voies sans issue ... L'extinction des feux et des fruits de la passion aura toujours veillé et su attendre.
L'extrême, l'abnégation virent à l'absolu comme ils se rendent aux évidences de l'épilogue ! Sagesse ou résignation ? Les deux versants, deux voies, probablement ; les opposer ne vaudrait guère bonne pioche ici-bas ...
Que reste - il donc, si ce n'est l'incontournable réclusion que message et partage arborent en silence, humblement seul ? Dépasser ainsi la raison raisonnante inéluctablement inféodée aux alliances du dogme, de l'idéologie opportunément cadrée. En groupe, avec force ligues et processions, que je m'en déprenne ? Que le penser grégaire abdique et que l'entendement s'élève
MAIS ALORS
Quid de l'âme, de l'insondable, de l'un - apprehendé au bord du gouffre ? Quid de cet océan insoumis qui demeure au-delà de tout, du souffle ?
Eternité depuis le premier regard et la révélation d'être aux mondes, le sentiment ou la certitude inexprimables d'avoir été à toujours ? Abysses insondables, flux mémoriels, fragments d'universalité et d'humanité, que ne suis - je d'autre que poussière, éclat, infinité du concept de Noosphère migrant sans fin vers Oméga, en Christ ou en-soi, élément existentiel - ciel du grand Tout pérenne ! ...
A la co-naissance, à la connaissance comme au discernement, aux grains et aux semences de l'écriture et de la lecture inextinguibles, au respect de la vie, à ces regains de clarté et de vérité, à ces fenêtres ouvertes sur l'azur que seule l'âme contemple et décrypte loin de la nécessité et de la contingence, tel un heureux hasard, une opportunité ; un-possible - néant !
Qu'importe le temps lorsqu'il fonde et inféode la durée, à perpétuité. L'injonction de passer et de mourrir aux mondes en barrant si tôt les horizons intouchables de l'âme coudoierait l'absurdité, les horizons, l'hypothèse de l'anti-matière
A l'inévitable tropisme gnostique, à ce point de rencontre égaré dans l'espace-temps insondable et lumineux vers lequel tendre toutes et tous, par-delà la mort des mots, des maux périssables
- MARIN -
Enigme
1 ère Ecriture le 23 Octobre 2021
2 ème Ecriture le 30 Avril 2022
Mais
En Cours, avant le sacre de la durée
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