SOUVENIRS D'ENFANCE AU GABON !...
1970 / 1974
" Plein de mérites, mais en poète, l'homme habite sur cette terre "
Friedrich HÖLDERLIN
Raid en pirogue du pays taillée dans la masse à l'herminette puis équipée par Jean - Pierre, mon ami. Pêche et découverte à destination de Pointe Denis - Pointe Pongara - Phare de Gombé ( Libreville _ Gabon ). Au départ de Libreville...
A l'avant, le brise-lames indispensable au passage de la mer du vent et de la houle ; éviter d'embarquer de l'eau par l'étrave lors du long tanguage de la pirogue. Puis le Roof, sous lequel une personne peut s'abriter de la pluie, du moins des gouttes mais pas de l'eau qui remplit si vite le fond. Abri précaire ! Sur les côtés, deux francs-bords indispensables rehaussent une structure somme toute basse, plus encline à naviguer sur le fleuve.
J'eus des crises de paludisme terribles, me réfugiant sous ce roof, recroquevillé, fièvreux, courbaturé, mouillé, transis, vomissant à l'envi, couché à même le bois où se balançait une eau visqueuse, fortement odorante, au milieu du poisson juste pêché !
Au premier plan, la glacière et les appâts ; mais si peu de nourriture ! Nos moyens sont comptés ; priorité à l'aventure.
Entre les deux et couché, pour le besoin de la photo ( Instamatic 25 Kodak ), Otor, notre cher Ami commun, originaire d'un petit village proche de Libreville : une aide précieuse. Que de bons souvenirs !
Nous arrivons à la Pointe Denis, côté occidental, proche du décrochement de PONGARA, du hameau de pêcheurs, à l'endroit où nous montons notre tente pour la nuit. Au matin, nous mettons le cap vers Gombé et ses hauts - fonds.
NOUVELLE DU GABON
A ces trois petits enfants qui ne me connaissent pas, qui n'auront que faire de ce texte.
A Mila qui lira certainement ce récit avec Vincia, sa Maman
A mon fils, Anto
Pour davantage de vieilles photos et vues du Gabon, se reporter à l'Album suivant
http://marin56.canalblog.com/albums/souvenirs_du_gabon_1970___1974/index.html
Pongara
navigue en face du Phare de Gombé, à plus de 18 Kilomètres de Libreville ! De retour d'une nuit de pêche sur les hauts-fonds où pullule la daurade rose. C'est déjà l'Atlantique Sud. Nous fûmes un jour accompagnés par une longue et haute houle de secteur Sud qui obliquait vers le rivage et déferlait. Des vagues massives, puissantes et bruyantes y déroulaient indéfiniment. Des sites qui firent quelqes années plus tard le bonheur de surfers en quêtes d'aventures extrêmes, hors - normes.
AU-DELA DE L'ESTUAIRE
Notre pirogue en bois d'okoumé franchit aisément les eaux limoneuses de l'Estuaire du Kango. Le brise lame fend les flots, remonte les ondes houleuses dans le balancement lentement scandé de sa longue carène lestée.
Il est 15 heures locales. Le beau temps nous accompagne. " Pongara " repose sur deux billot de bois. Colorée, affectant une fière allure sur le sable blanc, nous la regardons et la considérons avec fierté. Le replat du cordon littoral, situé en avant de la splendide mangrove, nous protège de la marée haute. Nous nous promettons de découvrir les méandres de la mangove le lendemain, à la pagaie, moteur relevé afin de ne point troubler le calme et la sérinité originels des lieux.
Le soleil décline déjà sous l'Equateur. Il regagne l'Océan ... Nous venons de parcourir de nombreux milles nautiques au gré des courants différemment teintés, entre Libreville et la Pointe Denis, la pointe Pongara plus précisément. Un tournant sablonneux radical, à angle droit et ouvrant sur l'Atlantique Sud. Les vastes solitudes règnent. Le flot et le jusant, les courants immémoriaux y ont dessinés, destinés et parfaits un coin de paradis, un havre de paix sis entre les terres, la forêt et la mangrove. Un repère, une limite, un seuil ; rite iniatique pour deux adolescents livrés à la liberté, à la soif d'aventures en pleine nature, au royaume des inconnues et des grands espaces.
Il nous faut dresser au plus vite le double toit de la tente sur les hauts et l'arrière de la dune lagunaire. Parer aux orages violents de la petite saison des pluies qui ne préviennent jamais et qui s'abattent soudainement. Nous gardons la moustiquaire dans laquelle nous nous enveloppons et dormons à même le sable, à l'abri des moustiques voraces, en veillant aux crabes des cocotiers, aux myriades de fantassins armés de petites pinces qui viennent nous mordiller les doigts de pied dans notre sommeil !
La nuit vient de tomber. Otor, un jeune ami librevillois, prépare dans une casserole de fortune et bosselée une soupe frugale dont il tient le secret ; un mélange d'herbes et de noix de palmes, du pili-pili venant épicer copieusement de beaux et tendres filets de rouge grillés, ( Carpe rouge des estuaires ), cuits et saisis au feu de bois. En guise de dessert, quelques biscuits à l'orange font l'affaire. Nous ne laissons rien de nos agapes vagabondes ! Quant aux tranches épaisses de manioc, elles ne passent guère, fussent-elles agrémentées de sauce piquante affectant un incarnat dense et huileux ! Une lampe tempête cabossée, une bouteille de pétrole lampant, des allumettes, un briquet nous éclairent pour deux jours, en totale immersion, loin de tout.
Nous allons boire dans un grand tonneau rouillé où l'eau de pluie s'est écoulée d'un toit de chaume, on ne sait depuis quand. Ecarter d'un revers de main le manteau d'insectes légers qui glissent sur un reflet de ciel et qui fuient l'intrus ! Puis boire, boire, à satiété sous un soleil accablant, une réverbération quasi insupportable. Le sable blanc neige et pulvérulent crisse sous nos pas.
Au petit jour, levés avec le soleil, nous regardons passer et rentrer les dernières pirogues. Elles franchissent la barre avec une assurance et une maîtrise déconcertantes. Le chant des piroguiers rythme la cadence des coups de pagaies longuement appuyés. Au bénéfice d'une onde massive léchant la rive et l'accore cristallin, le fût de bois exotique profilé accélère, double la pointe et regagne aussitôt en décrochant, en un court instant, les eaux calmes de l'estuaire. La marée monte, envahit l'embouchure. Un tout réglé et doublement orchestré par le vécu, un rapport aux mondes vrai, ancestral, souverain !
Ainsi de nos lointaines échappées marines réalisées à bord d'une longue pirogue à moteur. Nous briguons les hauts-fonds riches en daurades roses que l'on trouve en face du phare de Gombé, l'amer perdu des côtes de l'Equateur donnant sur l'Atlantique Sud. La canopée, la forêt primaire y étendent leurs puissantes ramures au-dessus des flots et des premières vagues. Les grandes marées équatoriales ballotent et déplacent indéfiniment les troncs d'arbres immenses que les exploitations forestières perdent le long des rivages de l'Afrique Occidentale. Cf / l'Album Photos de l'auteur dont le Lien figure sur cette page.
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EN PIROGUE ET A LA PAGAIE
Mais évoquons ces " campagnes " de pêche artisanales que nous menons sans moteur, à la pagaie, à deux ou à trois, équipiers pilotant à la force des bras notre coque de noix dénommée " Pongara ". La nuit, au départ d'une côte parsemée de grumes et de billes de bois lentement gravées depuis les imposants cours d'eau du Gabon, de la terre rouge - latérite, des forêts primaires et impénétrables, nous nous élançons et prenons la cadence commune à tous les piroguiers ; le rythme s'impose, ancestral. Nous nous sentons vivre, au diapason de ces ressources et de cette motricité spécifique qui nous habitent et nous mènent le plus naturellement du monde.
Nous pêchons selon les techniques locales. Les pêcheurs gabonais, guinéens, togolais que nous connaissons nous lèguent généreusement de précieux conseils. L'observation ne connaît pas de limite, enrichit. L'usage de l'épervier nous gratifie des meilleurs appâts et parfois d'une nourriture succulente ; Les mulets sont légions, ( muges ) ! Un coup d'épervier suffit parfois à nous assumer vingt quatre durant. Nous l'emportons, déjà lové, démmêlé, prêt à être lancé ; précieux outil qui confère à l'échappée un surcroît de couleur locale, d'autonomie, de véracité.
Lorsque le moteur nous est confisqué, retiré du tableau arrière de la pirogue, - sévèrement gardé par l'autorité paternelle -, c'est alors à la rame, à la pagaie que l'effort s'impose et se cale sur l'alternance de la marée montante et descendante. Il nous faut donc relever et respecter scrupuleusement ces horaires diurnes et nocturnes. En ignorer l'importance rompt la chaîne et l'équilibre risque - sécurité qu'il nous appartient de ménager ; se voir emportés, emmenés à la dérive, ne plus rentrer, lutter désespérement contre le jusant calme les ardeurs les plus folles.
Sur le long front de mer, nous poussons ensemble la remorque sur laquelle repose la pirogue, déjà orientée et disposée à glisser vers les vagues battant le rivage. A l'intérieur, le matériel est chargé, rangé, prêt à l'emploi. La pirogue est équilibrée, et le contenu correctement matossé. La route est longue qui nous rapproche à terre de notre site de pêche. Marchant à vive allure sur le front de mer, ivre de brise marine, tractant notre bateau tard dans la nuit et bravant l'interdiction parentale, un seul et unique objectif nous guide, nous meut et nous émeut ; rien ne nous arrête.
L'océan est sombre, sans horizon ni étoile. La mer scintille, poudroie à chaque coup de pagaie appuyé, au long trajet moteur et obstiné qui fait souffrir les bras. Inflorescence marine. Le plancton pullule pareil aux nuages d'étoiles de la Voix lactée.
Un silence éloquent règne à bord ! le roulis confirme cette distanciation de nous quasiment masqués par l'obscurité épaisse, humide et pesante. Je n'ose regarder autour de la pirogue, accompagner mes gestes et les francs bords du regard, loin en arrière. Dispositions améliorant pourtant l'efficacité de la propulsion. L'océan énigmatique sous ces latitudes, sur les rives de ces contrées originelles, alimente les récits de mer, les témoignages de terrifiantes rencontres ! Toutes les créatures y sont frappées du sceau de l'excès, de la démesure ...Immersion au pays des rites, des croyances, de la cosmogonie animiste. Nous en sommes comme imprégnés. Elle ne me quittera jamais plus !
L'embarcation réalisée dans la masse et le tronc, toute de bois brut dégauchi à l'herminette, se gorge d'eau et le demeure. Solide, certes mais si lourde, lestée, sans précaution, elle continue de rouler. Le vent de terre se lève ; il nous faut mouiller, n'ayant pas encore atteint le lieux de pêche escompté.
L'air fraîchit, les premiers éclairs déchirent les lointains, en amont, vers les confins Est de l'estuaire. L'orage tropical s'annonce. L'ancre tire et " Pongara " évite plusieurs fois de suite, pointe les rivages familiers de son étrave rehaussée. Mince abris à l'avant de l'esquif où trouver refuge lors des averses équatoriales ponctuées d'éclairs assourdissants.
Attente fébrile ; nous remettons à plus tard la préparation des crins et des appâts. L'air fraîchit nettement. L'eau s'agite en bruissant le long de la coque ballotée par les premières vagues. Nous échangeons quelques mots qui confirment l'arrivée imminente de l'orage. Il est trop tard pour quitter ce mouillage et s'aventurer vers la côte sablonneuse que nous connaissons pourtant si bien ! Nous mangeons quelques biscuits, à l'ancienne ... Un fond de café chaud, la flamme de la lampe tempête vacille, tremble, coincée à l'avant entre les planche du brise - lames.
Maigre consolation, chaleur dérisoire, fanal invisible depuis la côte. Avons - nous mesuré le quantum de lacunes et de carences que notre expédition recèle et dénote au premier regard ?
Les premières gouttes tombent. Une rumeur étouffée, infiniment vaste nous parvient en nous ceinturant. Des jets d'eau s'abattent en grains, fusent au diapason des rafales de vent. La surface de la mer s'aplanit, ondule, massive, telle la matière en fusion puis, nous soulève et nous rabaisse avec lenteur et gravité. Le tonnerre gronde, nous n'y échappons pas. Le front orageux arrive sur nous.
Assis dans le fond de la pirogue, c'est l'attente, l'immobilité, la prostration, la crainte qui prend au ventre et que l'on ne partage guère qu'avec des yeux hagards, le visage diluvié ! De longues minutes inquiètes, des moments interminables passés en s'évoquant individuellement le pire.
" Pongara " ne coule pas ; une aubaine ! Sa masse et son volume de bois lui assurent le juste équilibre, fût-elle remplie d'eau et en surcrôit chargée ; il nous est alors possible de la vider de son eau, user d'une technique locale pour y parvenir ... Quelle efficacité. L'écope finit le travail.
Il nous est arrivé de chavirer en passant les vagues du bord, pagayant dans le sens des vagues. Le roulis ayant raison de l'assiette de la pirogue ; se retourner résulte de l'excès de vitesse acquis dans au fil de l'onde, de la perte de contrôle directionnel. Pénible vécu, sentiment d'infinie faiblesse et d'échec valident dès lors ces sorties, destituent toute témérité, remettent les pendules à l'heure de l'humilité, de la modestie, de la responsabilité qui lentement s'acquièrent. Injonction de la fatalité, du destin. Sommes-nous en ces moments réellement conscients de la mise, de l'enjeu vital que nous engageons avec l'océan, de nuit ?
Au large, toute fortune de mer eût été périlleuse, exposés que nous étions à tous les dangers de l'estuaire, d'une navigation hasardeuse ! Nous n'en serions peut-être jamais revenus.
L'orage passe, file vers le cap Santa - Clara laissant dans sa longue traîne d'éclairs de fabuleux pans bleu-de-nuit et zébrés. Libreville à nouveau brasille de ses feux, nous rassure. Je sors de mon vieux sac à dos imbibé de sel un paquet de Brazza Bleue, tire une cigarette et l'allume. Première bouffée de vie, à l'orée de la mort. Une bouffée qui sait aussi la donner. Le sais-je donc ? Qu'importe, en ces lieux de solitudes abyssales où chaque détail prend des proportions considérables. Va pour cette compagne de circonstances !
Nous redevenons aussitôt pêcheurs, à l'affût des moindres signaux du fond que nous renvoie un fil de nylon plombé. La roche est bien là, à l'applomb de la pirogue. La pêche commence, nous amorçons deux lignes de gros. Un noeud gansé est frappé sur le côté du banc, qui se libère en claquant dès la moindre tension conséquente. Les eaux de l'estuaire foisonnent.
Anisi de ces nuits interminables que nous traversons à bord, à près d'un mille des côtes, livrés aux courants, aux intempéries, au calme silencieux des étendues bordées de brousse. Concentrés, ne parlant peu, à l'affût du moindre indice qui alerte et engage une réaction immédiate, le plus souvent opportune et précise. Les heures défilent, les touches sèches donnent, les grosses lignes " démarrent " dans un claquement sec heurtant l'obscurité et le crin s'enfuit ... Précipitation, gesticulation, larges brassées du filin de nylon, interjections nourries, le poisson monte. Le fond de la pirogue compte de belles pièces que nous écoulerons au tout petit jour, au réveil du village. Il en sera alors de notre prochaine virée, de nos folles bordées de jeunes marins - pêcheurs !
Toute les pêcheries locales ne viendraient jamais à bout de la manne et de la richesse des eaux de l'Estuaire, de la conjonction et de l'interface estuaire - océan . Les entreprises demeurent artisanales, et le butin : mesuré, parcimonieux. Ce type de pêche est partie intégrante de la vie des africains. Il participe de la préservation et de la régulation naturelle de la vaste zone marine. Libreville compte plusieurs petits ports où écouler le poisson, souvent à même le rivage et l'estran bourbeux, au gré des marées. Moments de vies tant prisés par la population.
Le retour des pirogues est un moment rare, précieux, à vivre, hautement animé de palabres, hauts en couleurs. Le boubous africain irradie de motifs et d'originalité. Le costume léger sied à merveille aux femmes et à leur enfant solidement tenus dans le dos, ensomméillés, bercés, malgré le brouhaha et la criéé bruyante !
Nous avons tout prévu concernant cette sortie en mer. A 6h30 tapante, sitôt le jour levé, je regagne le domicile. Les yeux me brûlent, je n'ai pas dormi. Je retire les deux nakkos, ( type de volets tropicaux mouvants qui équipent les fenêtres de nos maisons ), par lesquels s'opèrent la fuite et le retour silencieux au foyer, après avoir parcouru cinq kilomètres en mobylette. Les deux saccoches latérales sont combles, lourdes. La maison dort encore. Je me faufile dans la cuisine, ouvre le congélateur et y dépose le tribut odoriférant le poisson frais. Quelques rouges, un capitaine, des chaires plus que savoueuses.
Au petit déjeuner, jedois assumer quelques questions évasives, étonnées ! Interloqués, les parents ne comprennent et n'insistent pas ! Il me faut passer sous la douche, ôter cette odeur tenace de possion et penser au cours de philosophie de 8h30 qui m'attend. La route de la journée sera longue et l'introduction absconse. Descartes, le Cogito, la Morale de Kant ne passent pas. La nuit que je viens de passer m'en éloigne, m'absente. Je demeure, prostré, le regard dans le vague des souvenirs.
Je suis de cette fusion que nous entretenons avec la Nature, au coeur des éléments, sous l'équateur, de nuit, au milieu de tout, insignifiant et pourtant si densément comblés d'aventure, d'imprévu, d'inhabituel, de soudaineté, de découverte, de curiosité.
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Que je le redise, encore une fois, à l'occasion de cette très courte nouvelle. J'ai laissé au Gabon comme une part de moi - même que mon âme essencialise, dans le respect de la véracité des faits vécus, projetés. Je sais que je ne reverrai jamais plus ce pays, du moins tel qu'il m'apparaissait il y a plus de cinq décennies. Tant de rivages, de choses, d'alentours familiers auront définitivement changé. Le progrès, l'évolution, le cours d'un temps à la traîne de la mondialisation imprime sa marque indélébile, loin des métamorphoses naturelles et respectueuses des origines. Mais j'ai gardé en mon être, gravé dans les sillons de ma mémoire l'empreinte et le sillage inextinguibles de tout ce qui charpenta de sublimes rapports aux mondes, avec la foi d'une jeunesse à toujours immarcescible.
- MARIN -
Souvenirs d'Enfance au Gabon
Années 1970 / 1974 ( 54 mois )
Libreville - Caps Estérias - La Sablière - Cap Santa - Clara - Owendo - Pointe Denis et Pointe Pongara - Phare de Gombé
1 ère Ecriture le 08 Décembre 2021
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