BESTIAIRES / ANTHROPOMORPHES ...
DISONS : ARTISTE, LA NATURE ?...
Elle conforterait la thèse d' André Malraux qui attribuait à l'Art ses vertus " d'Anti-Destin " !... Celle de J.P Sartre qui déclare : " l'existence précède l'essence ", soit ! Les éléments se révèlent de véritables artistes lorsqu'ils s'allient au-delà du temps, de la durée, de la norme et des modes pour exceller et composer dans l'univers de la fantaisie, de la fantasmagorie, du surréalisme et du symbolisme le plus osé et dont jamais on ne se lasserait.
L'eau, les vents, la pluie, les écarts terrifiants aux températures, la salinité, l'alchimie impénétrable de la roche et du minéral, l'usure obstinante du sable et des cailloux tournoyant au gré des puissantes bourrasques de vent, tout cela répond à l'ouvrage du temps et de la Nature ; exaltation de la libre expression d'un monde que les lois régissent, certes, mais qui n'en demeure pas moins immensément affranchi dans ses marges de manoeuvres, qui n'obéirait qu'à l'inattendu, l'inhabituel, l'étonnant, le fantastique ou le merveilleux. Mythes ou légendes, délires les plus fous, accordons au véritable Art Premier ses lettres de haute noblesse qui ne se monnaieraient à aucun prix. La beauté serait-elle là en gestation comme un fruit, une fleur, un arbre séculaire, millénaire ?
Et lorsque ces créatures d'un autre monde surgissent sur fonds de turquoise, d'émeraude, de dalle ambrée et safranée, sur l'azur profond et vertigineux des ciels, alors nous les voyons prendre toute leur majesté, cette souveraine et solennelle marque d'éternité. Elles nous regardent passer changeant d'expression et de physionomie suivant l'angle de vue puis se perdent dans le plus complet des anonymats. Les dédales labyrinthiques ont vite fait de les dissimuler ou de les faire à nouveau apparaître sous d'autres visages encore plus étranges et surprenantes. Parfois, le vent hulule dans les chaos. Les révolins nous reviennent comme l'écho des antres secrets et emplis de mystères. Vues de la mer, je découvre mille sentinelles, orgues inégalables de porphyre ou de basalte jouant avec la lyre des vents. Et ces amers indéfinissables qui ne trahissent jamais le marin, jalonnent les côtes et le situent ; présence ou mutisme imagé, pantomime figée parfois providentielle quand les hautes vagues dressent leur rideau d'embrun ou deviennent anormalement élevées.
Mais au-delà de la réalité, aux confins des songes, comme dans un rêve inépuisable, l'imaginaire chemine sur la vire de l'espace-temps où le regard précède l'origine et s'octroie le sentiment d'être, de passer, de voyager parmi tous nos ancêtres !...
Loin des sentiers battus, un clic sur ces photos, laissez voguer l'imagination dans le silence de la mer
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