TEMPÊTES / CORSE !...
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LE LIEN 20 PHOTOS CORSE TEMPETE
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TRES GROS TEMPS EN MER
L'HIVER ET SES SOLOS
La Grande Bleue s'assombrit, se couvre d'ecchymoses. Brutale et soudaine, creuse et croisée, ses houles voyagent, écument, brisent au large. Des vents hurlants, pareils à ceux qui hantent les 50 èmes degrés de Latitude Sud? participent de l'intumescence informe du détroit, des Bouches de Bonifacio redoutées.
Le vol des Puffins Cendrés simulent l'immensurable migration des Albatross ; impassibles, merveilleux cousins - navigateurs.
Le temps passe et ne compte plus. J'embarque et survole chaque instant. La mer me prend. Elle me rend ou me garde ; il ne m'appartient plus d'en décider. Puis-je évoluer selon ses attentes et m'y fondre, dans le balancement enivrant de ses vasques
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A cette Île qui se trouve à la croisée des vents de Sud et de Nord. A ce vaisseau balayée de plein fouet, d'Ouest en Est par le puissant Ponant, lorsque le Libecci rejoint parfois en pleine mer le Mistral de Provence et la Tramontane Occitane. l'Île de Corse, point de ralliance et d'ultime recontre !
A la côte, que de dômes liquides ! Mouvance abrupte qui tutoie les tombants acérés, culminent et tonnent en chutant, grondent en roulant ...! La mer flue, semble dévaler une profonde vallée, fuir, éperdue, les folles bourrasques blanches. Démesure grandiose, infinité consciente de l'être au temps, à l'émotion, à l'espace !
Je vais en ces jours de violentes tempêtes comme médusé, happé, sidéré, par les champs révulsés de l'azur, vers l'improbable, l'illimité des houles et des horizons changeants. Les grosses vagues déferlent en mer, subreptices, imprévisibles ! Les ondes massives rivalisent avec de hauts brisants ; linéaments acérés sur fonds de ciel laiteux, signes de vents violents.
Des lames qui recouvrent et submergent très certainement le sentier de promenades littorales qui longe un trait de côtes sauvage, souverain, intouché. Les eaux tumultueuses se ruent ; pulvérulence du fluide originel et poudroiement hiémal hissent très haut les grandes voiles de l'azur tutélaire !
La marée de tempête jette, - selon la configuration des anses et des criques enchâssées - , des troncs de bois flottés et les dépose profondément dans le maquis ou sur de gros pierriers mis à nus. Une frange large et continue de roches dénudées et polies, abrasées, érodées par l'eau et les vents tourbillonant sans fin, délimite un domaine interdit, que l'on regarde à distance, effrayant.
Rumeur rauque, râle du puissant ressac devant lequel rien ne saurait résister, survivre, obsédant, lancinant la conscience, la sagesse, la prudence. Une végétation rase et calcinée trace une ligne de démarquation aléatoire, irrégulière. De maigres repousses se sont adaptées à l'air salin, iodé, aux morsures du soleil et des longs étés secs.
La rencontre de la terre et de l'eau ne laisse ici aucun doute quant au partage et à la fusion que les éléments en font depuis les temps immémoriaux. Aucune trace de vie apparente. Quelques chèvres transhument parfois hors saison, regagnent les hauteurs, les pitons rocheux où se nichent de petites dépressions herbeuses abritées des vents. La quiètude jouxte le tumulte et la tempête...
Dans le Sud, l'Île de Sardaigne se dresse, festonnée d'écume. Île soeur, toute proche et son finistère, sis vers le Sud - Ouest, la presqu'île Asinara que l'hiver dévoile parfois au gré de la traîne envoûtante de longues virga neigeuses, des grains pluvieux qui s'abattent, épais, denses, sombres, avant que de s'engouffrer dans le vaste Détroit des Bouches de Bonifacio...
Le coucher du soleil embrase ces traînées et ces rideaux cristallisés, semble y mettre le feu. Le disque incarnat, d'une rotondité parfaite, dépourvu de rayon, admirable à souhait, immense et solennel, chute dans les flots de la Grande Bleue. Vers le Septentrion, l'horizon viride, froid et clarteux du solstice d'hiver retient le jour !
La Nature est souveraine, magnificente, et, toujours cette solitude, ce sentiment d'abandon et de tristesse que l'extrême Sud de l'Île amplifie au diapason d'une partition solitaire, extrême. Quoi dire, à qui parler, se confier lorsque depuis la grosse mer surgit la côte déserte, étrangement minérale, menaçante, submersive ?
De passage, en sursis, si fragile et livré au hasard, à l'imprévu, que ramener de ces échappées marines si ce n'est l'inextinguible tribut de la déréliction que les maux griment sous l'égide de l'absence, du manque à se parler, de l'impossible partage des horizons bleus cernés de deuils, le regard cave de l'inexorable destinée rivé au seuil de l'oubli, du silence du grand bleu.
La beauté à l'impitoyable violence des éléments s'ente et envoûte. L'harmonie au chaos se lie en donnant la mort. L'on ne voit rien qui eût providentiellement épargné, sauvé l'être aux mondes sur le fil ténu de la vie en cas d'avarie, de fortune de mer, d'une vaine et inopportune témérité ... Et pourtant, quels attraits, quelle fascination, quel dialogue alors s'instaure en soi, ailleurs, en Tout, allant au-delà des choses que l'on découvre et reconnaît depuis toujours, à jamais
Adieu-Vat
- MARIN -
Prose Marine
Poème de l'Intranquillité
1 ère Ecriture le 30 Juillet 2021 - Images / " Emmila " _ Décennie 2010 / 2020
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