ANAISTÊTHOS ! ...
Au coeur de la Forêt primaire, comme un rite ancestral qui pense et panse les blessures des mondes qui interagissent et s'interpénètrent dans les fulgurances d'un espace - temps renouant ailleurs avec la vie !
UNE MUSIQUE QUI S'IMPOSE ET QUI VIENT DE SI LOIN
QUI NE SERAIT QUE RETRANSCRIPTION
SILLONS GRAVÉS DANS LA MÉMOIRE PROFONDE
!
En quelque sorte, léviter, à l'orée du partir, définitivement, seul, mais : pas tant que cela ! ... Confessions d'un marin à Terre
Avant de basculer " ailleurs ", à la douce injonction que je perçus, voici ce qui m'apparut ; ultime fulgurance en guise de moutons que l'on m'exhorta à compter ... Je sombrai aussitôt et le lent réveil me fut tout autant délicieux ! ...
Les Grecs auront pensé à tout ! Les Peuples des célestes Forêts, également...
Les racines sont profondes et la philologie, le rite, nous y ramènent, quasiment toujours ... Repères dont le langage abonde, imagé et tant évocateur, poétique, labyrinthique, onirique.
Anaisthêtos ou de l'insensibilité ! Ayuhuasca ou du grand voyage initiatique que le chamanisme accompagne et veille depuis la nuit des temps au Temple de toutes les Forêts
!
Que j'évoque ces deux sessions que je vécus dans l'inconnu, dans l'univers de l'insensible ; un - sensible, un - conscient que je fus durant quelques dizaines de minutes, au pays de l'oubli, au-delà du silence, par - delà le néant, ailleurs et déjà, infinimenent allégé
!
Quelques substances artificielles m'auront absenté un moment de moi - même, afin que je ne souffrisse point durant l'opération. Ainsi de la vérité de l'anesthésie, fût - elle d'origine chimique, sachant qu'il existe dans la forêt primaire de puissants vecteurs, de vrais passeports pour l'au-delà, aux confins de la mort imminente, si proches des ancêtres
!
Et si la mort n'existait pas ? Je rejoins Stéphane ALLIX
!
DANS LE BAIN
Juste avant de léviter, une voix me demanda de compter les moutons ! Ce que je fis, du premier quintuple, recevant dans le regard une foultitude de crêtes écumeuses que mer et vent libéraient, révélaient d'un commun accord, au coeur des ciels denses qui subitement passèrent, évanescents, tellement familiers
...
Qu'il m'en souvienne ! car au bout comme au fil des doigts vagabonds, j'écris ici, présentement, ce que l'âme me concéda l'espace d'une fulgurance, d'un sibyllin instanté de source
!
J'entendis lointainement une voie douce qui me dit et qui répéta :
_ " Tout s'est bien passé, réveillez - vous ! "
Je planai, hors du temps, sans avant ni après ...
J'ouvris les yeux. Je flottai. Ressentis diffus d'un bien - être indicible. Je ne souhaitai plus bouger, espérai que l'on ne me sortît point de cette délicieuse léthargie, comme si un retour sur Terre m'eût à tout jamais rebuté
!
Une blouse verte, une jeune voix, m'invita à me redresser, lentement, conformément aux déterminismes qui destinent et caractérisent le genre humain ; tout un symbole auquel je ne prêtai que l'attention d'un devoir, d'une injonction que la phylogénétique ordonne par devers l'état de conscience résolument acté.
Je revins de je ne sais où, des abysses dont il ne subsiste ni traces ni repères, ni souvenance. Nous échangeâmes, je recouvrai le plein emploi des mots, des phrases et n'eus, pour le personnel soignant remarquable qui s'occupa de mon état, que des éloges qu'il m'importe de confier, quelque part et, mieux qu'à quiconque, ici, sur cet espace, un Journal de Bord. Je n'oublierai jamais
!
Dès la première session, je n'éprouvai que fascination et éblouissement lors de la phase du réveil ! Une renaissance, peut - être, qui sait
?
Comme il me tarda de réitérer cette expèrience quasi mystique, ce cheminement dont on n'appréhende guère le signe du départ, la perspective d'un probable retour.
À cette étrange propension à vouloir tout reprendre et recommencer, dès lors lavé de tout passé, comme vierge de toute historicité ! Là où le genre humain s'évertue avec amour à redonner vie, à soigner et panser autrement l'être aux Mondes, qu'il ne connaît pourtant jamais, avec tant d'attentions et de marques de dévouement, au nom du Respect de la Vie
...
Mais malgré cette échappée aux royaumes des limbes, ce retour éminnement apaisé, je repris, dans le cours de l'après - midi, mes incessantes investigations, mes contributions, mes alertes face aux mondes qui brûlent, saignent, souffrent et meurent de faim et de soif, de leurs profondes blessures.
Des Mondes d'enfants à toujours enfouis sous les gravats, qui jamais ne reviendront de quelques refuges où un médecin, un soignant, veille au serment et protège éperdument le souffle vital
...
Et comme une pathologie qui lourdement décompense, je voulus repartir, rejoindre les sphères de l'insensible, jusqu'à ne plus être du pesant royaume des sens, ici - bas, confronté aux faiseurs de guerres qui appellent à verser le sang, autre que le leur, pour défendre leurs chimères et non l'essence même des causes sales dont ils s'enorgueillisent et qu'ils bafouent chaque jour, dans l'exercice glauque du pouvoir et de la force
...
Aujourd' hui, l'écriture me permet de réapprivoiser partiellement le contexte dans lequel je survis, malgré moi. Lucide, extra - lucide, certainement ! notamment confronté que je demeure à l'indifférence, au manque total d'empathie, de solidarité et d'intérêts pour les choses d'un Monde qui dérangent plus qu'elles n'interpellent.
Infinies tristesses
!
Et si la mer m'offrait un jour l'opportunité sidérante d'un ultime voyage, d'un dernier sommeil, ici - bas et, qui sait ? entrevoir les prémices d'un ailleurs d'aubes lustrales, aux accords d'un violon, d'un piano sur la mer de la Tranquilité
!
MARIN
Catégorie du Site
" MARIN À TERRE " - " CONFESSIONS "
Le 14 Juillet 2026
D'un retour parmi les vivants
!


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