SOLILOQUE ! ...
" Les événements effacent les événements ; inscriptions gravées sur d'autres inscriptions, ils font des pages de l'histoire des palimpsestes. "
F-R de CHATEAUBRIAND
Mémoires d'outre - tombe - 1841 / 1ère partie - Livre I
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AU MILIEU DE NULLE PART
HIER
DEMAIN
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Ne panses - tu pas aujourd'hui, à bord de ces solos que les vents traversent, les blessures et les aléas de l'existence qui auront jalonnées une vie ?
N'aurais - tu pas également ravivé en mer maints faisceaux de la récompense qui comblaient les rêves d'une enfance à part, si secrète, à l'abri des regards, en totale immersion auprès des populations de pêcheurs et des piroguiers ?
Avec les années, aux confins de l'âme, combien auront mûri les fruits d'une pensée vagabonde et fidèle au pacte naturel !
Et que dire de cette inclination à l'évasion, à l'échappée, loin des codes et des clichés surfaits, au péril de la vie, au prix inestimable de la révélation, du sens et de la voie, en chemin vers l'ultime liberté, l'allégeance souveraine au Tout, au sacré, au respect du vivant ...
À Toi qui te montras magnanime, misércordieuse, tel un Dieu. D'entre tes lénifiantes bleuités, tes terrifiants verdicts, je ne m'interroge plus ! Je vois, embrasse, aime et comprends.
Il est en chaque être un point d'orgue abyssal qui relie et conjugue au présent les souvenirs ; leçons de vie... Et je demeure et deviens aujourd'hui ce que vivre aura engrangé de bonté, de rencontre, de découverte et de partage.
Ne suis - je pas fait désormais de ces argiles brutes que la durée pétrit comme les mots, la poésie, la gestuelle insensée de nos déséquilibres aériens, éthérés, maudits ?
Je vogue à l'orée de l'énigme, un peu plus près du Ciel. Immémorial apprentissage auquel consent, ici-bas, le ciel des marins, des gens de mer.
Y aurait - il un point de rencontre ou radiant, sous les étoiles sans nombre ou les antiques constellations ? Aurais - je un jour entrevu les réponses, tout en en ressentant les effets d'une thérapie implacable ?
Les aurais - je si tôt recherchées sachant que la jeunesse aurait été la plus belle des rampes fluides ; transes - lucides y parvenant, débarrassé que je fusse de tous les carcans, ivre de grand large et de moutons écumants
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J'aurai gravé puis effacé sur le vaste palimpseste de la conscience tant de pages du grand livre. En aurais - je oublié la chaîne et la trame qui éclairent nos chemins de vérité, sans que celle - ci ne fût un jour et déjà toute tracée ...
Ainsi de l'Océan - des âmes à la mer aux caps innombrables
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