NOSTALGIE ... MÉLANCOLIE ...!
LETTRE OUVERTE
À CET AUTRE MOI-MÊME
DEPUIS CES DEUX ÉTRANGES RIVAGES
L'une serait impalpable, comme invasive, submersive, si lointaine et si densément prégnante à la fois quand l'autre voyagerait, plus légère, éthérée, consentante, oscillant entre cette souvenance douce - amère que choie sans fin l'attachement à un passé heureux et souvent gratifiant, là où le manque et la proximité d'un tout étrangement palpable se côtoient toujours...
Mais, d'entre les deux, serait - il opportun de les distinguer
?
Nostalgie résonnerait comme une vieille radio, ces vinyls, ces échos d'une chaleureuse ambiance, d'une atmosphère à laquelle une étincelle suffirait à tout embraser et ressusciter
!
Si je redoute l'autre en virant de bord, je ne laisse plus de rouvrir les sillages de mes plus lénifiantes errances, qu'elles fussent musicales ou synergiquement gestuelles et spirituelles.
Qui entreverrait de nouveaux horizons quand l'autre les refermerait aussitôt en regardant en arrière, figé, perdu ? Solitaire, malgré soi ou, en dépit de tout, mélancoliquement désenchanté
?
Est - il raisonnable de les opposer, de les imbriquer, de les comparer quand ils procèdent d'une variante, de variables de l'espace - temps qui m'habitent inexorablement dans la courte durée qui m'aura été impartie et dont je deviens, avec de plus en plus d'acuité, de sensibilité, partie prenante d'un inexorable processus bipolaire
?
Réflexions d'un humble marin que le bleu nimbé et hypnotique égare par les choeurs, l'ivresse du grand voyage et de l'éternel rien
!
_____________________
Aux éternelles oscillations de l'instant
Depuis la mer, les flots, les vagues, les coups de temps redoutables de nos hivers, mes solos aventureux que la voile libre m'accorde encore, à toujours, allégoriques, mystiques ...
J'ai souvent invoqué, évoqué ces deux facettes de la durée que le temps me consacre, ici - bas, sur Terre ! C'est ainsi ; guises de visions, d'interprétations des choses comme des métamorphoses que la chronologie des archives et des souvenirs semble orchestrer et mener, malgré moi, malgré tout, au-delà et déjà si loin ...
À l'instar de la musique, qui n'est que remémoration, revisitation inévitable d'un passé et d'une temporalité fortement impreignés de joies, de chagrins comme de plaisirs intenses, nostalgie et mélancolie se coudoient, se rencontrent, fusionnent aussi et souvent tout en différant substantiellement, essentiellement, émotionnellement, sans pour autant ériger de frontières ; il n'y a plus de décompte, l'intemporalité s'impose comme un ensemble indissociable vis à vis duquel il importe de prendre la distance qui apaise et allège
!
Lorsque j'évoque la nostalgie, j'appréhende cette certitude d'un avant meilleur, généreux, qui sait et peut - être à jamais égaré ! En est - il généralement ainsi ? Je ne le pense pas. Je m'en explique plus avant !
Y retournerai-je un jour ? Y aurait - il quelques plages ou balcons desquels je revisiterais par la pensée, l'écriture, l'image, la musique, ces plains - champs azuréens que j'aurai tant sillonnés durant de longues années - lumières
?
Quant à la mélancolie, je la percevrais, - à tort, malgré tout -, comme une régression, s'agissant dès lors d'une perte, d'un abandon plus ou moins inexorable de ce qui fut et ne serait plus, brisé, irrécupérable. Je la crains, en appréhende les vires et les abrupts de vertiges et de manques
!
Un état d'âme certes plus rude, une intransigeance de l'être éloigné du monde, une sorte de diktat que le dictamen de la conscience subit sans avoir la possibilité d'y faire face, de réagir, de lutter, de s'en absenter...
La mélancolie s'impose, ne se contourne point. Elle traduit ce qui survient spontanément et qui se substitue à la réaction louable d'y échapper. L'on ne se complait guère dans un état de mélancolie profonde, lointainement étayée. La mélancolie submerge, afflige, affecte, commande à l'inaction.
Allant plus loin, lorsque la nostalgie reconvoque et réhabilite l'instant présent, lui redonne un tout autre visage, s'y rapproche encore davantage ...
Tremplin que la souvenance bâtit pas à pas, aux détours de ce tout qui fait la préciosité de l'instant et qui ne serait pas encore définitivement perdu, qui sait, à venir, à naître à nouveau
!
Et c'est bien pour cette raison que j'ai ouvert et pensé un opus dénommé :
" À la Recherche du Temps "
ayant volontairement ommis de lui attribuer le participe passé : " perdu " ! Car le temps nostalgique reste vivace, dynamique ; il ne s'égare jamais, migre et voyage, au gré de ces pans de durées que la mémoire construit et structure au diapason de tout ce qu'il est encore possible de traverser, de vivre, de recevoir, de partager, de créer
!
Et je confierai aisément que la nostalgie coudoie, se réfère à cet algorithme mystèrieux consacrant et servant ces plaisirs doux - amers qui nous reviennent de loin, qui resurgissent subrepticement, au gré des rappels incessants que la relation aux mondes comme aux autres nourrit, abonde, sans pour cela qu'il soit devenu impossible d'y accéder à nouveau.
Alors que la mélancolie confinerait davantage au pathos, à l'affaiblissement de l'être que la rupture consomme et investit chaque jour davantage si l'on considère le " naufrage " inexorable et impitoyable de l'âge, de la dite vieillesse, selon expression cinglante d'un Certain grand homme.
Mélancolique, suis-je ! y aurait - il encore une place, quelques horizons pour un avenir, un ailleurs meilleur, la rêverie, l'imaginire fructueux que la nostalgie peut encore soutenir et porter en lui venant à l'aide ? Continum fertile ?
Pensées, mots, idées, réflexions et dialogues occupent mes échappées en mer, par tous les temps, hors du temps et il m'arrive souvent de me projetter, changeant dès lors le cours d'une navigation qui aurait pu très mal tourner au regard de ces puissants affects que les solitudes mélancoliques rencontrent et parfois bouleversent, exacerbent ...
Revient - on, égal à soi - même, d'une longue virée à bord de la mélancolie, le coeur lourd, sous un ciel que déchirent les vents, qui enflamme au Levant les nuées rouges de sang ; terrifiant reflets de toutes les terres ravagées par d'atroces conflits, les odieux massacres d'enfants
?
De cette oscillation profonde, à l'intime de soi, nait et sourd comme les prémices d'une avant - garde dont il importe de s'habituer. Y faire face, ne plus les coutourner mais rebondir sur les aspects et les aléas, les vicissitudes de l'étant, que renforceraient une certaine résilience, ces brins de sagesse que l'on cueille aux radieux vergers des saisons de la vie
!
Hier pèserait tant au faîte de la mélancolie. Mais demain se nourrirait d'hier, dans la juste synchronicité des moments que l'existence se construit, en mourant d'aimer
...
Sortir de ces deux dimensions passé - futur que la durée incarne sous la forme de cette effrayante verticalité face à laquelle on ne ressortirait jamais, pris dans la pente glissante des années que nous sommes et, s'inscrire dans une toute autre trilogie régénérante et constructive, imaginative, créatrice de nouveaux élans :
Nostalgie - Remembrance remmémoration - Espérance
en route vers le plérôme de l'Être aux Mondes, enfin délivré de la déficience programmée et du déclin
!
PERDU RETROUVÉ
?
La nostalgie, c'est l'envol ailé en route vers le large, une île, une idée, un radieux souvenir, un lien, une attache, une promesse en route.
La mélancolie sera le dernier bord lentement privé du chant des vagues et de leurs enivrantes bleuités, l'appel auquel je ne saurai plus répondre ! Et s'il me reste encore un soupçon de ciel bleu, je m'y noierais certainement, comme ces musiques des années mortes de n'avoir jamais assez donné. Il y a comme un point de non retour qui lentement vire au chasme, entre deux rives.
Tu en récolterais la saine fruition comme de la fleur éclose, le nectar de tous ses printemps
!
i
MARIN
Catégorie du Site
" CONFESSIONS "
Écriture en cours, jusqu'au jour du partir, enfin libre. Je reviendrai ici, semer encore et à toujours quelques mots, d'entre les maux... Qu'importe les fautes, les maladresses quand de penser les Mondes vrais suffit à la peine, à larguer les amarres !
Et si j'avais habité une planète " bleue comme une orange "
Le 14 Mai 2026
!


/image%2F1294098%2F20260521%2Fob_304fb1_jef-bougeau-9.jpg)
/image%2F1294098%2F20260521%2Fob_ae9a4f_downloads101.jpg)
/image%2F1294098%2F20260221%2Fob_0588e2_apparition-gros-dauphins-x-4-1.jpg)