POLLUTIONS @ LIENS EN VRAC ! ...
J'avais nommé ma planche courbe : " Circé " ! Et pour causes, Elle dont les appels incessants à prendre le large et à " tailler la zone ", me happaient, m'absentaient, me distançaient des sites communs, courrus, encombrés ! Et c'est Circé que je perdis, ce jour de fort Combo, de Tramuntana et de Grecale, là - bas, vers le grand Sud - Est de notre Île de Corse, au coeur des îlots de la grande Passe de la Ciantarilla ! Retour sur un rude épisode, un naufrage, une sévère fortune de mer !
RÉCIT - IMMERSION - SOLO - AU LEVANT
Des vagues dont l'arcature offre des occurences de placements par rapport aux vents absolument remarquables ! En effet, en arc de cercle parfait, le waverider rencontre la vague selon l'incidence qu'il souhaite ( Side On à Side Off Shore )
***
Aux champs des vagues dont le chant fut sublime et cristallin ; je m'y aventurai pleinement, non avec assurance mais, toujours confiant, en avance sur le cours des métamorphoses.
Des Puffins Cendrés volaient bas, se laissaient emporter, décrochaient vent debout au gré des bourrasques. Il me sembla que les vagues et les fonds accordaient à la surface des flots et des pêle - mêle de moutons un regain de lumière et de clarté qui retardaient la déclinaison du soleil ; ce fut un inoubliable ballet
!
Nous étions le 19 Janvier ! Je me mis à l'eau depuis une crique, abrité des vagues et des ressacs encombrés d'algues, lourds et glauques et nageai une centaine de mètres afin de rencontrer le vent.
Les conditions de temps incertaines, notamment après une tempête de secteur NNE qui traversa la nuit, me conduirent à gréer cette 5.00 m2 Northsails Ice, ce qui me permit de gérer les forts écarts de la Tramuntana hivernale, vers les écueils et deux vestiges d'atoll, les deux atolls sous-marins du grand Sud cernés d'ondes magnifiques
!
J'allais et me plaçais, " habitué " que je fus de ces endroits désertés, sans la moindre assistance ; des " spots " jamais ridés à l'époque ! Et après moult vérifications du matériel, à terre, avant de m'élancer, je décollai confiant, bien décidé à regagner le terrain d'aventures extrême du grand Sud - Est de la Corse. Après une demi - heure de navigation sur zones, survint l'incident que je redoute toujours lors de mes solos : perdre mon esquif et tenter de regagner le bord à la nage, quelle que soit la distance qui nous sépare...
C'est donc à l'occasion d'une séquence au surf, face à la lame, lors d'une relance, sur une très belle section, que je chutai, sans gravité. Planche et gréement se désolidarisèrent dans le rouleau de mousse. Je regagnai ma voile mais, la planche manqua ! Un rapide tour d'horizon. Je la vis, à près de 40 mètres de nous. Sans réfléchir, je partis à sa rencontre, en nage libre. Sur le point d'attraper le footstrap arrière, une petite vague déferla et l'emporta à nouveau et aussi loin.
Entre ma planche qui filait sous le vent, la Tramuntana qui souffalit en grand frais et le gréement, je ne pus rien faire d'autre que de le " sauver ", de m'y rattacher. J'étais en effet loin de la côte : envrion 1300 mètres
!
Il était déjà " tard " pour l'heure d'hiver : 13 heures locales. Les nuages s'ammoncelaient dans le Sud et vers l'Ouest, au large, vers l'Orient. La mer demeurait assez forte, fusait vers les îles Ratinu - Lavezzi, les Bouches de Bunifazziu, me privait de mon esquif. Un vrai naufrage
!
Je m'enquis d'une position portante, allégée pour mon gréement. Je le tins ainsi par la têtière, laissant le vent le soulever au gré des risées et, me mis à nager, lentement. D'amples ciseaux de jambes et des cycles d'un bras qui l'étaient tout autant me propulsèrent de façon significtive... Je relevais à terre des points fixes remarquables afin d'évaluer ma progression ...
Et c'est avec chance que je saisis un contre courant situé entre les deux récifs, une veine d'eau chahutée qui me portait vers le rivages, sans ne jamais perdre au vent, si bien que je regagnais, au bout de 2h45 d'effort régulier et parfaitement assumé, la mise à l'eau apaisée depuis laquelle je partis quelques heures avant
!
Je me suis posé bien des questions ! Je me parlai également, non en vain puisque je procédai de dialogue fructueux entre le corps et l'esprit, le milieu environnant, les informations que les ciels me livraient, en pleine connaissance des risques que j'encourais ...
À terre, " Emmila " m'avait depuis longtemps, depuis la chute, perdu de vue ! Elle n'eut d'autres solutions que de prévenir le Cross - Med ... Ayant été informée de tous les paramètres de ce solo, le personnel du Sémaphore lui dicta une conduite à tenir, avant toute intervention ! Ainsi donc de ce quitte ou double angoissant :
Vivant ou pas, blessé, en galère dans les courants, épuisé, en hypothermie, sachant que le jour déclinait sérieusement, les possibles s'accumulaient, menaçaient ...
La chance, la destinée en eurent décidé ainsi ; je revins vers 16 heures sur la terre ferme et filai aussitôt prévenir " Emmila ", enfin soulagée.
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Sur le retour, je rencontrai une patrouille de gendarmes et les informai de l'issue de cette sortie hivernale exposée, extrême, qui finit sans aucune autre complication. Je devais renseigner le Cross en leur transmettant le N° de série de ma planche que j'avais précieusement noté, ce qui fut fait. Je n'eus jamais de nouvelle de " Circé " ! Où aura - t - elle atterri ? Qui l'aura récupérée ? Je l'avais doté de 2 fins latéraux typés Surf, intrados plat, ce qui conférait à cette planche courbe une accroche remarquable dans tous les virages ... Elle me manqua, j'en était fanatique de Fanatic Quad 87 Litres, année quelconque, mais tellement racée ! Elle aura tout connu, des rotations aux aerials, les conditions et les sites les plus radicaux. J'entends encore, la nuit, dans les oliviers, comme un chant de sirène, un appel irresistible. On ne change pas une nature, une profonde inclination aux solos
J'ai longtemps réfléchi à un dispositif me permettant de garder ma planche en de cas de pépins au niveau de l'ensemble diabolo - rallonge ; un leach de bras à rallier au footstrap arrière, flexible, gérant les changements d'amure, sachant que dans les vagues, l'étirement doit être conséquent afin de ne pas heurter le matos, larguable ( ce qui suppose une grande maîtrise ; à évaluer graduellement dans les conditions de waveriding ) ... Si vous avez des propositions, des idées sur le sujet, je suis preneur, merci
!
MARIN
CORSICA ... GO56
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" SOLOS EXTRÊMES " - " RÉCITS ET OUVRAGES MARINS "
Le 21 Avril 2026
En attendant une Tramuntana de printemps imminente
!
Ma planche courbe était neuve et, Cris : plus jeune ! C'est ainsi. Reef Break " a Tunara ", où les prémices des houles de secteurs Ouest arrivent, se dressent et brisent dans un lourd fracas. C'est l'hiver. Janvier cingle au visage ! Ici, un interminable Back Windsurf qui n'en finit plus de glisser, " slider ", panacher la crête ! Sensations à jamais mémorisées...
Un après - midi, un ciel profond, un azur dense et solsticial. Le soleil joue avec l'onde et la lame quand il se montre traversier et décline lentement vers le Ponant.
Une tiède lumière baigne ce fabuleux cirque d'eau minérale. La gerbe est légère, suggérée et la glisse n'en est que plus fluide, précise.
La relance est là. Vertiges de la pente et du glassis. Les appuis libèrent l'aile qui s'affranchit de toute contrainte.
D'entre la gestuelle et le galbe généreux de la vague, nous faisons route ensemble vers ce pas de deux hamonié à loisir, seuls, à l'écoute l'un de l'autre.
En toile de fond, le dessin et les volumes pétrés, particulièrement ouvragés du grand Sud de l'Île de Corse. La végétation n'y est pas tolérée tant les vents laminent et balaient le trait de côte.
Place à la roche dénudée et polie que bourrasques et grains creusent et percent ! Paréidolies, bestiaires minéral, nous en avons déjà tant évoqué les étrangetés, les sidérantes ressemblances ...
Un brin de prose marine depuis l'extrême Sud, entre le Tournant et cap Marianon ( Cf / le blog de Mr Canonici pour l'appellation de ce Cap légendaire qui capte un Line Up hors normes Méditerranée : " A SANTA " ! )
MARIN
!