LE DUEL ! ...
Qui de lui, de moi, l'emportera ? À Soma, ou à celui qui est de plus en plus pesant, atavique, asservissant ? Mais, en attendant, que je lui en fasse voir de toutes les couleurs de ciels, sans qu'il ne puisse demander " grâce " ! Cris, au bout du rouleau, certes ! mais, en route vers " Frère Soleil " !
Expression d'un au-delà qui relance le duel ! Voyage, rivage, mirage, oasis, une Île : la Musique emporte. Elle participe du Souffle vital, allège, apprend aussi à voler et, ici - bas, dans les lourdeurs, les pesanteurs torves de la durée. Convoler le plus loin possible. Que je fasse un tremplin de ce tas d'être mortel disparate que les décideurs auront contaminé ! Au final de cette plage musicale : envol !
Voilà déjà plusieurs décennies que le duel a commencé ! Il s'intensifie. Les manches d'un sempiternel pugilat s'accumulent.
De nature protéiforme, pernicieux, sournois, Soma ne lâche rien. Il prend ! Impitoyable avec sa proie, son ennemi et, surtout, sans empathie ni compassion aucune, il trône et règne, bien au-delà des apparences, s'attaque jusqu'au bout au Souffle : Pneuma, avant de le lâcher
!
Ainsi d'évoquer et pleurer pareillement les terribles semonces qui percutent de plein fouet une merveilleuse Idée de Planète Terre et de ses Îles, livrées aux boucles infernales de rétroactions positives et négatives qui empoisonnent, souillent, ravagent et menacent l'avenir d'un futur imminent, rompant dès lors aux harmonies de l'étant, aux cycles des renaissances perpétuelles, aux révélations de
Palingenesia
...
Déterminismes de la matière, des systèmes, des rouages perfides que le décideur et l'affairiste huilent chaque jour afin que la machine infernale tourne à pleins régimes tout en surchauffant le grand Tout, en exacerbant la fournaise, en officialisant le pillage, en esclavageant la Pensée, en asservissant sans frein ni fin le libre - artibre
!
Mais d'un duel versant dans l'inexorable sentence, qui force la fatalité, bouscule la conscience, le dictamen ! Décrépitude implacable, asservie aux campagnes répétées d'un empoisonnement programmé, d'une part et, d'autre part, parvenu que je suis au terme du rouleau, ici - bas, un rouleau qui se confond à l'immensité des moutons en partance, de plus en plus confinés, contaminés, sursitaires
...
Je le concède, c'est là une lutte violente qui s'instaure et se produit chaque jour entre le corps et l'esprit, entre soma ( en minuscules ), et Pneuma, sachant que je doive au premier, malgré tout, dans ce corps à corps sans frein, le substrat d'une pensée qui vieille encore sur le pont, jusqu'au dernier quart. Quid de l'après, du corps - mort, de ce qui restera au fond du port
?
" Encore un moment "
Écrivit Edgar MORIN, dans un ouvrage éponyme remarquable, si près des 100 ans d'une vie riche de 105 révolutions célestes, de 1260 lunaisons ...
Je comprends ce que le Penseur voulait ainsi dire et approfondir, avec sang froid, recul, sagesse, une immense lucidité, une appréhension complexe des choses qu'il éléva au rang de Philosophie, d'une noble inclination à être, à devenir pleinement aux Mondes.
Qu'Il m'aide et m'accompagne, guide ma réflexion, oriente mon regard au-delà des horizons. Non que je redoute le partir mais, du devenir de tout : qu'en est - il vraiment ? Et de l'espoir ? Pourquoi l'effacement irrévocable, pareil naufrage de la vie à l'orée du grand saut, le triomphe du néant quand Pneuma éclot et fleurit
?
Quels gâchis
!
Je ne suis que semonces, alertes, intenses usures et fatigues, blessures et douleurs récurrentes obstinant et lancinant le réel. La démarche altérée, des crises subreptices, sans qu'aucun traitement ne soit en capacité de régler, d'arbitrer les termes de cette vile confrontation, me voilà en marche, dans la pente, en route vers le chasme.
En esprit, mentalement, je tiens bon le flot et le cap et comme à l'accoutumée, que je le doive à mes échappées en mer, harmonieusement ailé ou voilé que je suis, enivré d'azurs, d'embruns, de vagues, d'ondes et de nuages, autant de refuges sains en mesure d'amoindrir cet état dégradé d'une entité corporelle parvenue à la dérive de la dernière décennie, ici - bas, sur une Terre dont j'ai le mal intense, généralisable à l'extrême finitude de la destinée, de l'éphémère
!
C'est un constat. Je n'ai d'autre choix pour survivre que l'option qui me précipitera davantage, qui me barrera définitivement la route vers le grand bleu infusé d'étoiles en plein jour...
J'ai pris le mal des maux en patience et les ignore dès lors que je plane et vole, même si je redoute de plus en plus souvent, particulièrement, ce pas décisif que je franchis, qui m'ouvre encore la voie vers l'azur.
Si je devais réparer la machine, c'est toute la grosse mécanique et les pièces maîtresses qu'il faudrait changer ! Cela en vaut - il la peine ?
Alors, d'entre les rééducations partielles, les fragiles cicatrisations, les transfusions de fluides opaques et les multiples amoindrissements systémiques qui en résulteraient, que me resterait - il qui vaille la peine et le coup de prolonger en définitive un sursis grevé de quelques mois
?
Je ne suis pas à l'épicerie ni sur le portable débusquant sans fin le dérisoire des rayons, les centimes d'euros de remises qui m'auront été préalablement volés
!
Je vogue sur les flots, dévale des vagues, m'envole si bas, glisse et plane la tête dans les nuages, le regard dans les songes, en partance vers les rêves à ciels ouverts ! Quelle manne, n'est-ce pas ! Qui souffle à ma place, si fort sur les bougies, quel fascinant murmure s'accorde tant à la Nuit Obscure
?
Et quelle ascendance perçois-je sur la faillite de la matière, l'atavisme, le " gavadisme ", le cercle infernal d'une machine que la panse tente d'assouvir en l'imposant entre nous deux ! Que cesse la bipolarité existentielle, l'un de nous deux doit s'effacer et je doute que ce soit soma, le transfuge, le parjure, le traître parvenu à l'acmé de ses ultimes et perfides sursauts ! Que je fasse mien ce réquisitoire avant de quitter cette enveloppe déjà affranchie
!
À ces opportunités salutaires de t'affronter, comme il se doit, avant que d'être rendu à la poussière ou au boulevard des allongés, claquemuré entre quatres planches et dont on soigne le brillant pour mieux flamber jusqu'au bout des illusions, des représentations, de la Distinction
!
Saches que " Pneuma " veille et décide toujours de tout tandis que tu te défais et périclite déjà de l'intérieur. Certes, Soma, passera par trois fois devant le " juge suprême ", le confessionnal, avant de trépasser, de rompre aux exigences de la Faucheuse, de ses sordides affaires, de la bassesse patentée des officiels.
Mais que cela fait du bien d'écrire ainsi, d'évacuer longuement et profondément le miasme sociétal que les arrivés distillent comme poisons des sols, des eaux et des airs.
Dès lors allégé, un peu plus près Ciel, du Tout, à l'orée du vol libre, je crie
Adieu Vat
!
À toute personne qui lit et déclare, sans ambage :
" Mais c'est un gros malade qui écrit ça ! "
Je recommande une relecture attentive, entre les mots, du phrasé. D'entre la chaîne et la trame subsiste un vide, un espace, une ouverture, une échappatoire, l'appréhension apaisée de l'Univers, lorsque Tout procède et participe de l'harmonie, du vivant, hors de la durée
UN AUTRE POINT DE RENCONTRE
EN OMÉGA
***
Envol ! Comme un long et perpétuel apprentissage, des choses, des métamorphoses à bord desquelles voyager, de plus en plus loin ! Un " Eau - Delà " du paraître, une voie, un chemin aussi vrai que Nature et Culture des Mondes ...
MARIN
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Un magnifique extrait de l'ouvrage signé
Yasmina KHADRA
Ce que le Mirage doit à l'Oasis
Le 12 Juin 2026
!


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